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Après un accord "historique", Rishi Sunak en mission en Irlande du Nord pour convaincre

Le Premier ministre du Royaume-Uni Rishi Sunak est en Irlande du nord ce mardi pour présenter aux autorités locales le nouvel accord conclu avec Bruxelles, sur la question épineuse des échanges commerciaux dans la province britannique.

S'exprimant sur la BBC mardi matin, Rishi Sunak a affirmé qu'il croyait "la main sur le cœur" que "cet accord va faire une différence énorme" pour les entreprises et les gens en Irlande du Nord. "C'est ce dont je vais parler aux gens aujourd'hui, en les écoutant et en expliquant comment cet accord va être positif."

"C'est une étape extraordinairement positive pour l'Irlande du Nord" s'est-il enthousiasmé à son arrivée à Belfast. "Cela représente, comme l'a dit la présidente de la Commission européenne, un moment historique pour aller de l'avant et résoudre certaines des difficultés du passé" a-t-il ajouté.

Convaincre le DUP

Baptisé "cadre de Windsor", le nouvel accord entend notamment permettre des échanges commerciaux plus fluides entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, rendus complexes avec l'ancien protocole négocié en 2020 par Boris Johnson.

Ce protocole voulait éviter une frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord qui risquerait de fragiliser la paix après des décennies de conflit, tout en protégeant le marché unique européen.

Il créait de facto une frontière en mer d'Irlande, inacceptable pour les unionistes qui défendent l'appartenance de la province au Royaume-Uni. Il posait aussi des problèmes pratiques en imposant notamment des contrôles douaniers sur les produits arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne.

Rishi Sunak va surtout devoir convaincre les unionistes du principal parti unioniste, l'ultraconservateur Democratic Unionist Party (DUP), farouchement opposés à l'ancien protocole nord-irlandais, d'adhérer au nouveau compromis et lever leur boycott de l'exécutif local, paralysé depuis un an. Ils ont réservé leur réponse.

Un "frein d'urgence"

Avec le nouveau compromis, seules les marchandises vouées à être exportées en République d'Irlande, donc sur le marché unique européen, seront soumises à des contrôles.

Pour répondre aux préoccupations des unionistes, qui veulent avoir leur mot à dire sur l'application de nouvelles règles européennes en Irlande du Nord, le Parlement local disposera d'un "frein d'urgence". S'il est actionné, "le gouvernement britannique disposera d'un veto", a souligné lundi Rishi Sunak.

Le chef du DUP Jeffrey Donaldson a estimé mardi sur la BBC que le nouvel accord répondait "en partie aux préoccupations", mais qu'"il reste des questions sur lesquelles nous continuons à discuter avec le gouvernement et nous prendrons notre temps" pour l'étudier.

Ian Paisley, un député DUP, a déjà estimé que le nouvel accord n'était "pas à la hauteur".

"Il est tout à fait compréhensible qu'ils (les unionistes du DUP) veuillent examiner les détails de ce projet", a réagi sur Sky News le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly.

Mais "s'ils ne réintègrent pas l'exécutif de partage du pouvoir, ce sera extrêmement décevant", a-t-il ajouté.

L'accord prévoit aussi que Londres renonce à un projet de loi visant à s'arroger unilatéralement la faculté de passer outre certaines dispositions du protocole nord-irlandais, une décision qui avait suscité la colère de Bruxelles l'année dernière.

Il a été salué lundi comme une "étape essentielle" pour la paix par le président américain Joe Biden et accueilli avec enthousiasme par Paris, Berlin, Dublin et les milieux d'affaire britanniques