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Après les événements de Romans-sur-Isère, la France insoumise demande des comptes à Gérald Darmanin

POLITIQUE - D’où vient la fuite ? Ce mardi 28 novembre, cadres et élus de la France insoumise réclament des explications au ministère de l’Intérieur. En cause : des révélations de franceinfo sur une liste contenant des informations personnelles sur les suspects mis en cause dans la mort de Thomas à Crépol et tombée entre les mains des militants d’extrême droite qui ont participé à l’expédition punitive organisée samedi à Romans-sur-Isère (Drôme).

Alors que six personnes ont été condamnées jusqu’à 10 mois de prison ferme pour cette descente marquée par des violences et propos xénophobes, franceinfo et France Bleu Ardèche ont eu accès au téléphone portable d’un des militants, identifiés par les médias comme membre du groupuscule néonazi Division Martel. Nos confrères expliquent avoir trouvé, dans une conversation commune avec une trentaine de personnes, une liste avec « les noms complets des principaux suspects du meurtre de Thomas, leurs adresses, leurs numéros de téléphone, ainsi que les prénoms et noms des membres de leur famille habitant le quartier de la Monnaie. »

Bompard réclame l’ouverture d’une enquête

Comment ces informations confidentielles sont-elles arrivées entre les mains de ces militants ? C’est la question que posent plusieurs responsables de gauche, en particulier de la France insoumise. « Qui a fourni ces listes ? Une enquête doit être ouverte et les responsables identifiés. En France, la police et la justice doivent travailler au service des citoyens. Pas des nazillons », écrit le numéro 2 du mouvement Manuel Bompard sur X (ex-Twitter).

De façon détournée ou plus directe, certains élus du parti laissent entendre que les forces de l’ordre sont infiltrées par des sympathisants de la cause nationaliste. « Si ces informations sont authentiques, c’est extrêmement grave. Elles signifient sans doute la proximité entre ces groupes armés fascistes et des secteurs de la Police, sinon comment obtenir ces renseignements ? », écrit le député Alexis Corbière, sur la même ligne que plusieurs de ses collègues. « Des policiers ont-ils participé à cette diffusion ? Gérald Darmanin doit s’expliquer », exhorte même son collègue Thomas Portes.

Quoi qu’il en soit, la découverte de cette liste met à mal la défense des interpellés, qui nient toute dimension punitive et xénophobe de leur expédition, en la réduisant en un rassemblement de soutien visant à « apporter leur soutien » à Thomas, 16 ans, tué en marge d’une fête à Crépol.

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