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Après la têve à Gaza, ce qui attend les otages après 50 jours aux mains du Hamas

La trêve entre Israël et le Hamas a déjà permis de libérer deux salves d’otages du Hamas. S’ils sont désormais tirés d’affaire, ils vont quand même devoir suivre un protocole drastique.
AHMAD GHARABLI / AFP La trêve entre Israël et le Hamas a déjà permis de libérer deux salves d’otages du Hamas. S’ils sont désormais tirés d’affaire, ils vont quand même devoir suivre un protocole drastique.

INTERNATIONAL - Un long parcours avant de retrouver un semblant de vie normale. Vendredi, 24 otages, dont 13 Israéliens, dix Thaïlandais et un Philippin, avaient été libérés dans le cadre de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas. Ce samedi 25 novembre peu avant minuit, 17 nouveaux otages, 13 Israéliens et 4 étrangers, ont à leur tour été remis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au 50e jour du conflit ravivé par l’attaque du Hamas le 7 octobre.

Mais pour ces otages, la fin de la captivité ne signe pas la fin du traumatisme. Pour cette raison, les deux premières salves d’otages libérés suivent un protocole strict et encadré.

Attention particulière

Un premier examen médical personnalisé est donc mis en œuvre par le CICR à Rafah lors de leur réception, avant d’être transférés aux représentants de l’armée israélienne. Un processus expliqué par Hagai Levine, chef de l’équipe médicale du Forum des familles d’otages à BFMTV.

« D’un point de vue médical, évidemment, le médecin va demander s’ils n’ont pas de douleurs. (...) Il faut savoir s’ils n’ont pas de problème médical spécifique et faire des examens physiques », détaille-t-il. Les soins médicaux adéquats sont ensuite prodigués dans l’un des six hôpitaux israéliens où ont été envoyés les patients.

Des recommandations gouvernementales ont d’ailleurs été fournies au personnel en charge des otages. Et une attention toute particulière doit obligatoirement leur être accordée. The Times of Israël cite l’exemple des contacts physiques qui ne peuvent avoir lieu qu’avec l’accord de l’ex-otage ou la manière de les nourrir lors de cas de sous-alimentation prolongée en captivité. En cas de détention sous terre, il est également demandé de porter une attention spécifique à leur sensibilité vis-à-vis de la lumière naturelle.

Le ministère de la Santé israélien a aussi demandé au personnel médical « de rechercher et de documenter tout signe de torture, de viol ou d’autres crimes de guerre », comme l’indique le média israélien. Un travail de documentation essentiel.

Se reconstruire au contact de ses proches

Une fois ces premières précautions passées, les otages vont progressivement revenir à la réalité. Ce qui commence par récupérer leurs effets personnels. Un moment important avant de retrouver les familles, alors informés du lieu où leur proche a été transféré.

Mais pour les retrouver, le personnel en charge du suivi des otages doit avant tout s’assurer « qu’ils soient à nouveau en bonne santé ». Hagai Levine explique qu’ensuite qu’ils pourront retrouver leurs familles. Un moment crucial pour reprendre « le contrôle de leur vie car la guérison est à la fois physique et mentale ».

« Ils ont besoin d’être avec leurs familles, car être en famille est très important pour leur rétablissement », assure-t-il.

Durant cette période de retrouvailles privées, les médias ne pourront pas avoir accès aux otages, ni à leurs familles. Ce qui s’explique par une volonté de laisser les otages se reconstruire loin de la lumière médiatique dans un premier temps. Toutefois, les familles seront ensuite libres d’échanger ou non avec des médias si elles le souhaitent.

« Stress post-traumatique »

Le plus dur arrive sans doute après. Car les blessures sont plutôt mentales que physiques. « Toutes les personnes qui sortent de captivité (...) ne développent pas un stress post-traumatique ou d’autres troubles mentaux, mais c’est le cas d’une importante minorité », note à ce titre pour l’AFP le psychiatre britannique Neil Greenberg, spécialiste des traumatismes psychologiques.

Et bien qu’il n’existe pas de « symptôme du stress post-traumatique qui soit spécifique aux otages », il existe plusieurs particularités susceptibles de servir de ressort à des troubles futurs. Parmi eux : l’isolement, les humiliations potentielles ou le sentiment d’impuissance.

Et parmi les symptômes documentés en cas d’expérience traumatique, on retrouve notamment la mise en retrait de la vie sociale, des difficultés à se concentrer et/ou des pertes de mémoire, sans oublier l’apparition de comportements dépressifs ou anxieux.

Sur BFMTV, Marilyne Baranes, docteure en psychologie clinique évoquait de son côté l’importance du protocole national israélien mis en place avec les otages « qui est scientifiquement approuvé dans le monde entier ». Il consiste à « déchoquer les gens, les faire sortir de cette glaciation, les ramener dans le réel » pour éviter que les patients ne tombent « dans une sidération, une glaciation psychique » sur le long terme.

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