"Un apaisement": les associations de victimes du 13-Novembre saluent le refus des condamnés de faire appel

Des policiers patrouillent le 8 septembre 2021 à Paris devant la salle d'audience spéciale mise en place pour le procès des attentats du 13-Novembre (photo d'illustration) - Alain JOCARD © 2019 AFP
Des policiers patrouillent le 8 septembre 2021 à Paris devant la salle d'audience spéciale mise en place pour le procès des attentats du 13-Novembre (photo d'illustration) - Alain JOCARD © 2019 AFP

"Aucun des vingt accusés n'a interjeté appel", a déclaré ce mardi matin le procureur général de Paris, Rémy Heitz, au sujet du procès des attentats du 13-Novembre. Le délai d'appel, de dix jours après la condamnation, expirait lundi à minuit. La décision de la cour d'assises spéciale de Paris "a donc acquis aujourd'hui un caractère définitif et il n'y aura donc pas de procès en appel".

"C'est une décision qui est rassurante d'une certaine manière, en tout cas c'est un apaisement, c'est une bonne nouvelle", déclare sur BFMTV Philippe Duperron, président de l'association 13onze15 Fraternité-Vérité, qui a perdu son fils Thomas au Bataclan. "C'est désormais un verdict qui est définitif, qui ne sera pas remis en cause, qui n'a pas été remis en cause par les accusés eux-mêmes".

"Une bonne nouvelle de ne pas avoir à refaire ce procès"

C'est "évidemment une bonne nouvelle de ne pas avoir à refaire ce procès", déclare-t-il, car avec une procédure d'appel "tout recommence", et les victimes doivent revivre des moments traumatisants. En cas d'appel, "les parties civiles n'auraient sans doute pas eu le même désir ou souhait de venir déverser leur douleur ou porter leur douleur comme elles l'avaient fait en première instance", souligne Philippe Duperron.

"Il est maintenant temps de retrouver nos vies, que nous souhaitons aussi normales et apaisées que possible", écrit dans un communiqué ce mardi l'association de victimes Life for Paris, "nous serons là pour aider les victimes qui ressentent un vide après la fin de ce marathon judiciaire, et ensemble, nous continuerons de surmonter cette épreuve au quotidien".

"L'absence d'appel, et donc de second procès, sera surtout une satisfaction pour de très nombreuses victimes", abonde dans plusieurs messages sur Twitter Georges Salines, ancien président de 13onze15, qui a perdu sa fille Lola au Bataclan. Ce procès "a décidément été un procès hors norme, et une démonstration de la justice française qui marquera les esprits pour longtemps, en France et à l'étranger", ajoute-t-il.

"Un résultat auquel personne ne s'attendait"

Cette annonce n'en reste pas moins surprenante pour ces victimes du terrorisme. Pour Georges Salines, "c'est un résultat auquel personne (moi compris) ne s'attendait il y a encore quelques semaines ou même quelques jours, et qui est à mettre au crédit de l'habileté dont a fait preuve la cour dans son verdict".

"On sait que pour un certain nombre d'entre eux les peines étaient inférieures aux réquisitions et par conséquent c'était une bonne raison de ne pas interjeter appel. Pour Abdeslam [condamné à la perpétuité incompressible, peine rarissime en France, ndlr] c'était moins évident", déclare Philippe Duperron. "C'est sans doute l'expression de ce qu'ils ont considéré les uns et les autres chacun à sa mesure, que la peine prononcée était la juste peine".

L'association Life for Paris note toutefois que le processus judiciaire pourrait ne pas être complètement terminé, car l'accusé Ahmed Dahmani - condamné à 30 ans de réclusion dans ce procès - "actuellement détenu en Turquie, pourra demander à être rejugé à son retour en France". Cet ami de Salah Abdeslam est accusé d'avoir aidé à la préparation des attentats.

Article original publié sur BFMTV.com

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