Anorexie mentale : le sport, un outil thérapeutique

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Les équipes spécialisées dans la prise en charge de l’anorexie mentale – comme celles du Pr Bruno Rocher à Nantes – le savent depuis longtemps : le sport peut être utilisé comme une thérapie face à ce trouble du comportement alimentaire. Une étude française vient de vérifier l’intérêt de l’activité physique adaptée et suivie. Mais comment ?

Des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Paris à l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris et au GHU Paris psychiatrie & neurosciences se sont penchés « sur les émotions et les perceptions des patientes à la suite d’un exercice physique, mais aussi sur celles de membres de leur famille (mères et sœurs notamment) ». Dans le détail, 88 patientes souffrant d’anorexie mentale, 30 de leurs proches non malades et 89 individus contrôles sains ont été invités à pratiquer un exercice physique standardisé puis à répondre à des questionnaires portant sur leurs émotions après l’effort et sur la perception de leur image corporelle.

Réapprendre le sport plaisir et désapprendre l’effort addictif

Résultat : « à effort équivalent, les patientes anorexiques rapportent plus d’émotions positives que les contrôles ». Ce qui peut être interprété comme suit : « le fait de faire du sport leur envoie un message de renforcement positif qui fait que les patientes poursuivent cette activité en dépit de leur fatigue ou de leur faiblesse », explique Philip Gorwood, co-auteur de l’étude. Sans compter que la dépense calorique associée à cet effort physique encourage aussi les patientes à continuer.

Alors que le groupe contrôle ne présente pas cette réaction, elle est observée chez les proches des patientes. Un constat surprenant qui suggère que ce trait pourrait être partagé au sein de la famille des personnes atteintes d’anorexie et donc impliquer un aspect héréditaire.

Dans tous les cas, les chercheurs déduisent que l’utilisation du sport dans la prise en charge des patientes présente tout son intérêt. Il s’agit concrètement « de travailler avec les patientes pour leur réapprendre à découvrir l’effort physique plaisir (donc modéré) et donc de désapprendre l’effort physique addictif, probablement associé à une finalité de perte de poids », concluent les auteurs.

A noter : l’anorexie mentale affecte majoritairement les jeunes filles entre 15 et 25 ans.