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Angoulême : le Grand Prix remis à Posy Simmonds, dont les BD ont aussi conquis le cinéma

Posy Simmonds, ici lors d’une séance photo à Paris, en 2019.
JOEL SAGET / AFP Posy Simmonds, ici lors d’une séance photo à Paris, en 2019.

BANDE DESSINÉE - Les jeux sont faits : le 9e art a tranché. Ce mercredi 24 janvier, l’autrice et dessinatrice britannique de 78 ans Posy Simmonds a remporté le Grand Prix 2024 du Festival de la bande dessinée d’Angoulême, qui récompense un artiste pour l’ensemble de son œuvre.

Pionnière du roman graphique, Posy Simmonds succède ainsi à Riad Sattouf, Grand Prix d’Angoulême en 2023. Elle l’a emporté face à la Française Catherine Meurisse, pour qui être finaliste est devenu une habitude (c’est la cinquième fois consécutive qu’elle accédait au second tour), et l’Américain Daniel Clowes.

Le triomphe de l’écrivaine, fruit d’un scrutin à deux tours réalisé auprès d’un collège d’auteurs de bande dessinée ayant été publiés au moins une fois en français, tombe à pic. Le travail de Posy Simmonds est actuellement au cœur d’une grande exposition à la Bibliothèque du Centre Pompidou, à Paris.

Baptisée Dessiner la littérature, la rétrospective organisée jusqu’au mois d’avril donne à voir un large aperçu de son œuvre caustique, composée, ici, de plus d’une centaine de pièces originales, faites de dessins inédits, croquis ou esquisses.

Tamara Drewe, Gemma Bovery

Bien identifiée outre-Manche, notamment pour ses livres jeunesse, Posy Simmonds l’est un peu moins chez nous. Passionnée de dessin depuis son enfance dans une ferme du Berkshire, elle a longtemps fait ses armes dans les pages du Guardian, titre de presse pour lequel elle a dessiné pendant un demi-siècle.

De cette collaboration est née, entre 2002 et 2005, une série de planches humoristiques intitulée Litterary Life, chroniques très amusantes qui avaient pour seule consigne : tourner en dérision les « gens de lettres ».

Le reste de son œuvre est surtout marqué par son goût pour la littérature. L’héroïne de son roman graphique Cassandra Darke (2018) n’est pas sans rappeler Scrooge dans Un chant de Noël de Charles Dickens. Gemma Bovery (1999) et Tamara Drewe (2007) sont, elles, deux adaptations libres et modernes de deux autres classiques, nous venant respectivement de Gustave Flaubert et Thomas Hardy.

Ces deux dernières ont été transposées au cinéma : Tamara Drewe par Stephen Frears (Les liaisons dangereuses), en 2010, un film qui a été présenté hors compétition au Festival de Cannes la même année. Anne Fontaine (Les innocentes), elle, a réalisé Gemma Bovery avec Fabrice Luchini, en 2014. Dans les deux cas, l’actrice principale était la même : Gemma Arterton.

Posy Simmonds de retour à Angoulême

Posy Simmonds n’est toutefois pas étrangère au Festival de la BD d’Angoulême, qui lui a entre autres remis le Grand prix de la critique de l’Association des critiques et des journalistes de bande dessinée pour Tamara Drewe, en 2009. Et en 2016, son nom a été rajouté in extremis à la liste des nominations pour le Grand Prix. En cause, une polémique ayant pointé du doigt l’absence totale d’autrice dans la liste initiale.

Le Festival de la bande dessinée d’Angoulême, qui fête cette année ses 50 ans, est coutumier des controverses, comme peut en témoigner la dernière en date entourant l’annulation d’une exposition dédiée à Bastien Vivès, auteur accusé de pédopornographie.

L’édition 2024 - qui compte parmi les festivals l’Olympiade culturelle en marge des JO de Paris - a prévu d’accueillir un parterre de stars dans ses nombreux jurés, dont l’un des deux anciens du groupe Daft Punk, Thomas Bangalter, et l’actrice et réalisatrice Aïssa Maïga. De quoi conjurer le sort ?

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