Un ancien haut gradé de la gendarmerie visé par une enquête pour harcèlement moral

Un ancien haut gradé de la gendarmerie visé par une enquête pour harcèlement moral
Badge d'un soldat de l'armée française à Niamey, au Niger, le 15 juillet 2022 (ILLUSTRATION) - Bertrand GUAY - AFP
Badge d'un soldat de l'armée française à Niamey, au Niger, le 15 juillet 2022 (ILLUSTRATION) - Bertrand GUAY - AFP

Une enquête préliminaire pour harcèlement moral visant un haut-gradé de la gendarmerie a été ouverte le 27 décembre après un signalement du directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), a appris vendredi l'AFP auprès du parquet de Paris, confirmant une information du Parisien.

"Plusieurs alertes"

Le signalement effectué par le DGGN, Christian Rodriguez, avait été adressé au parquet le 10 octobre 2022, a précisé le parquet.

"J'avais reçu plusieurs alertes et demandé une enquête administrative qui a conclu au fait qu'il y avait sans doute un délit de harcèlement", a indiqué à l'AFP le DGGN.

"J'ai donc fait un article 40 (article du code de procédure pénale, qui oblige toute autorité à signaler à la justice des faits délictueux dont elle aurait connaissance, ndlr)", a ajouté Christian Rodriguez.

"Des actes considérés comme humiliants"

Contacté par l'AFP, le général mis en cause, ancien commandant du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN) et désormais retraité, a déclaré ne pas avoir été mis au courant de cet article 40 et a dit contester les accusations de harcèlement.

L'enquête pour harcèlement moral a été confiée à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).

Au cours de l'enquête administrative menée au sein du PJGN, "entre cinq et dix personnes auraient confirmé le récit d'un commandement dur qui heurte les gens, avec des actes considérés comme humiliants", relate Le Parisien.

Le général aurait cherché à "tout gérer jusqu’aux simples officiers et en imposant par la force et l’humiliation son diktat", rapporte encore le quotidien, citant un haut gradé de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.

Encore récemment en mission en Ukraine

Expert scientifique, ce général a commandé l'Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale (IRCGN) avant de prendre la tête du PJGN. Il a fait évoluer l'IRCGN, structure technique incontournable dans les expertises génétiques, en la dotant notamment d'un laboratoire mobile destiné aux analyses ADN in situ.

Cet outil a notamment servi dans le crash d'un avion de ligne de la compagnie Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence en 2015 ou dans l'attentat de la Promenade des Anglais à Nice en 2016.

Plus récemment, il a été utilisé par les gendarmes de l'IRCGN missionnés en Ukraine au printemps pour identifier des victimes et déterminer les causes de leur mort.

Article original publié sur BFMTV.com