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Amoxicilline, cortisone...Face à la pénurie de médicaments, le gouvernement a une nouvelle feuille de route

Pour « améliorer l’accès des patients aux médicaments », la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, et Roland Lescure, le ministre délégué chargé de l’Industrie de France, ont détaillé un « plan anti-pénuries » ce mercredi 21 février.
PHILIPPE HUGUEN, - / AFP Pour « améliorer l’accès des patients aux médicaments », la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, et Roland Lescure, le ministre délégué chargé de l’Industrie de France, ont détaillé un « plan anti-pénuries » ce mercredi 21 février.

SANTÉ - Amoxicilline, cortisone, anticancéreux, antidiabétiques... L’Agence de sécurité du médicament a recensé plus de 5 000 signalements de ruptures de stocks en 2023. Du jamais vu depuis dix ans. Pour « améliorer l’accès des patients aux médicaments », la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, et Roland Lescure, le ministre délégué chargé de l’Industrie de France, ont détaillé un « plan anti-pénuries » 2024- 2027 ce mercredi 21 février, dans Le Parisien.

D’abord, les ministres annoncent une surveillance renforcée du catalogue de 450 médicaments dits « essentiels », qui avait été annoncé l’été dernier par Emmanuel Macron. Parmi eux, figurent des médicaments utilisés dans la réanimation ou l’urgence, comme la Morphine. Des anticancéreux sont également concernés. Face aux critiques des médecins qui déplorent que certaines molécules ne figurent dans cette liste prioritaire, les ministres promettent d’actualiser la liste chaque année dès 2025.

Moins prescrire des médicaments en rupture de stock

Les ministres plaident également pour un « bon usage » des médicaments. Les médecins, par exemple, auront plus facilement accès à la base de données regroupant les médicaments disponibles, et seront encouragés à moins prescrire ceux en pénurie. À la place, ils pourront proposer à leur patient des molécules équivalentes, qui seront inscrites dans de futures listes « d’équivalence » établies par les agences de Santé. Les pharmaciens devraient y avoir aussi accès.

Quant aux pharmacies, la ministre de la Santé les invite à se fournir en médicaments auprès de « grossistes répartiteurs » et non par d’autres intermédiaires, comme les laboratoires. Cette stratégie permettra, selon elle, d’éviter de se retrouver dans la situation de cet hiver où « de nombreuses petites pharmacies qui n’étaient pas livrées. »

Relocaliser et éviter les départs

Dernier point d’action cité dans cette feuille de route : relocaliser la production. En juin, Emmanuel Macron avait annoncé le lancement de huit projets de relocalisations et 160 millions d’euros d’investissements publics et privés, dont celui d’Aguettant et celui du laboratoire britannique GSK pour augmenter la production d’amoxicilline, l’antibiotique le plus prescrit aux enfants. « De nouvelles ouvertures de lignes de fabrication doivent être annoncées ces prochains mois », promet cette fois-ci le gouvernement.

« Il faut relocaliser mais aussi éviter les départs. Désormais, si un industriel veut arrêter un médicament important, il devra tout faire pour trouver un repreneur », a ajouté Roland Lescure.

À peine dévoilée, le plan anti-pénuries du gouvernement est jugé insuffisant par l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament. « Le gouvernement, depuis 2017, s’avère incapable de garantir notre sécurité sanitaire en réduisant ces pénuries », tacle-t-il en objectant point par point, dans le thread ci-dessous, les solutions avancées par les deux ministres.

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