Allemagne : un patient décède après une cyberattaque dans un hôpital

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Le drame s'est produit le 10 septembre à l'hôpital universitaire de Düsseldorf (Photo : Roland Weihrauch/picture alliance via Getty Images)

Le 10 septembre, des hackers ont piraté par erreur un hôpital de la ville de Düsseldorf. Avec des conséquences tragiques, puisqu’une patiente qui devait être traitée en urgence a perdu la vie à la suite de cette attaque informatique.

Les attaques informatiques peuvent avoir des conséquences dans le monde réel. Difficile de le nier après le drame survenu le 10 septembre dernier dans un hôpital de Düsseldorf victime d’un piratage. C’est via un logiciel de type ransomware que les hackers ont infiltré le système informatique de l’établissement, comme le révèle Le Monde Informatique.

“Nous ne sommes pas habitués à penser aux cyberattaques en termes de vie et de mort”

Conséquence immédiate : le personnel soignant s’est retrouvé dans l’impossibilité de poursuivre le traitement de plusieurs patients hospitalisés, ni de pratiquer certaines opérations. Les patients concernés ont donc dû être envoyés dans un autre hôpital situé à une trentaine de kilomètres de là. Un transfert qui s’est avéré fatal pour une patiente, décédée après avoir été privée de traitement pendant une heure.

“Lorsque les cyberattaques ont un impact sur des systèmes critiques, il peut y avoir des conséquences dans le monde réel, explique Tim Erlin, vice-président de la société de logiciels Tripwire, cité par The Daily Mirror. Nous ne sommes pas habitués à penser aux cyberattaques en termes de vie et de mort, mais c'était le cas ici. Les retards de traitement, quelle qu'en soit la cause, peuvent mettre la vie en danger.”

L’hôpital n’était pas la cible des hackers

Terrible ironie de l’histoire, il semble que les hackers se soient trompés de cible et ne souhaitaient pas pirater les serveurs de l’hôpital. Ainsi, d’après les informations de l’agence dpa relayées par Le Monde Informatique, le message de demande de rançon envoyé par les pirates “était adressé à l’Université Heinrich Heine, affiliée à l’hôpital de Dusseldorf, mais pas à l’établissement de santé directement”.

Informés de leur méprise par la police, les pirates ont immédiatement retiré leur demande de rançon et “fourni une clé numérique pour décrypter les données” qui avaient été bloquées, avec pour conséquence de paralyser l’hôpital. La routine a donc pu reprendre assez vite dans l’établissement, mais il est désormais clair que son activité, comme celle de nombreux autres hôpitaux à travers le monde, est fortement dépendante du bon fonctionnement des serveurs informatiques...