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Ils sont allés au ski pour la première fois à l’âge adulte : « Si des enfants y arrivent, pourquoi pas moi ? »

Trois personnes nous racontent leur première fois au ski à l’âge adulte.
Lars Thulin / Getty Images/Johner RF Trois personnes nous racontent leur première fois au ski à l’âge adulte.

VACANCES - Une piste rouge dès sa première journée de ski ? Pas la meilleure des idées, et Tim Élise l’a appris à ses dépens. Par un malheureux concours de circonstances, la vingtenaire n’a pas eu d’autre choix que de s’élancer sur cette pente beaucoup trop raide, alors qu’elle avait mis les pieds sur des skis pour la première fois de sa vie à peine quelques heures plus tôt.

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« Je déchausse et je descends à pied sur le côté. Lors d’un passage très pentu et verglacé, je décide de descendre en glissant sur les fesses », raconte-t-elle. Bien mal lui en a pris, puisqu’elle dévale la pente à toute vitesse, sans pouvoir s’arrêter et en renversant plusieurs personnes sur son passage. « Je me suis retrouvée tout en bas, j’avais mal partout et j’étais complètement trempée. »

Se lancer sur les pistes pour la première fois à l’âge adulte peut être compliqué, entre le sentiment d’être nul quand on accompagne un groupe expérimenté, la peur de la vitesse ou de tomber, la découverte d’un univers très codifié… Mais avec quelques précautions, ce séjour peut aussi très bien se passer. Le HuffPost a recueilli le témoignage de plusieurs personnes, qui nous racontent leur première fois au ski, alors qu’ils étaient adultes.

Un « monde à part »

Pour Tim Élise, comme pour Clémentine, une monteuse vidéo de 27 ans qui a découvert ce sport au Nouvel an 2024, le ski est « un monde à part », avec un univers codifié. « Je n’avais aucune idée de comment ça allait se passer. Je posais des questions un peu bizarres, je demandais si on faisait des “tours”, si on payait chaque descente… Je ne savais pas comment on mettait les skis et tous les préparatifs qu’il y avait avant », détaille Clémentine.

Un univers mystérieux mais aussi très cher. L’inaccessibilité – aussi bien géographique que financière – de ce sport est la raison pour laquelle Clémentine n’y a jamais goûté pendant son enfance. Issue d’une fratrie de trois, cette Normande n’aurait « jamais pu y aller avec sa famille ».

Tim Élise est catégorique : le ski est un « sport de riches ». Pendant ses séjours à la montagne, celle qui a grandi loin de cet univers s’est parfois sentie en décalage : « C’est cher, estime-t-elle, et il y a même des boutiques de luxe dans certaines stations. Sur les pistes, les skieurs ont des super équipements, alors que je ne ressemblais à rien avec ma vieille doudoune. »

Mésaventures et moqueries

Si Tim Élise a dû s’initier au ski, c’est que sont petit ami est Lyonnais, et par conséquent un habitué des pistes. Elle l’accompagne donc souvent, avec sa belle famille ou ses amis, lors de leurs sorties. Au risque d’avoir parfois le sentiment d’être « un boulet ». Après sa mésaventure sur la piste rouge, le reste du groupe a par exemple eu tendance à tourner sa chute en dérision. « Pour moi, ce n’était vraiment pas marrant, c’est une expérience un peu traumatisante, regrette-t-elle. J’étais terrifiée, très énervée et frustrée. »

Loin de se laisser décourager, Tim Élise est retournée plusieurs fois à la montagne après cette première expérience. Mais nouveau séjour, nouvelle mésaventure : la vingtenaire fait une crise d’angoisse après s’être retrouvée bloquée sur une piste verglacée et trop pentue. Alors que son copain est venu l’aider, elle se souvient des commentaires moqueurs des skieurs qui passaient sur le télésiège au-dessus de la piste.

« Les gens ont tendance à dédramatiser tes émotions, déplore-t-elle. Ils mettent en valeur la personne qui t’aide comme si elle s’était sacrifiée en faisant une croix sur sa session de ski. Alors que moi, j’étais littéralement en train de pleurer et de faire une crise de panique. »

« À chaque virage, je tombais »

Lors de sa première fois au ski, Clémentine a, elle aussi, eu le sentiment d’être un boulet. Ses amis étant plus expérimentés, elle appréhende de ne pas pouvoir suivre le rythme. Et elle ne se trompe pas : « À chaque virage, je tombais. J’avais des bleus partout et je ne ressentais aucun plaisir. » À côté des autres skieurs, elle a « l’impression d’être la plus nulle de la station ».

« Je voyais des enfants passer à toute berzingue à côté de moi, alors que j’étais terrorisée par les pistes bleues », évoque-t-elle. La deuxième journée, elle repère davantage de débutants sur les pistes : « Voir d’autres adultes tomber a boosté mon ego. J’avais besoin de ne pas me sentir la plus nulle. »

Si ses amis sont conciliants et tentent de lui apprendre, Clémentine skie parfois seule sur des pistes vertes pendant qu’ils descendent des pentes plus raides. « Eux ne voulaient pas me laisser seule, et je voulais qu’ils profitent. J’ai réussi à progresser toute seule, mais ça m’a un peu embêtée de ne pas être avec mes amis », raconte-t-elle.

Pour s’aider ? Cours de ski et sports de glisse

En vacances avec des skieurs aguerris, Edwin, Mexicain expatrié en France depuis deux ans, a aussi passé beaucoup de temps seul sur les pistes lors de sa première semaine au ski. « Je ne demandais pas forcément aux gens de rester avec moi, car c’était compliqué de les suivre », justifie-t-il. Ce qui ne l’a pas empêché de passer un bon moment, et ce pour plusieurs raisons.

Il se facilite d’abord la tâche, en prenant une première journée de cours. Il se contente ensuite de pistes vertes, sauf quelques bleues le dernier jour. « J’ai fait des sports de glisse toute ma vie skate, surf et ça m’a aidé », ajoute-t-il. Surtout, il essaye de ne pas trop se comparer aux autres… Sauf pour s’en inspirer : « Il y avait des enfants qui skiaient beaucoup mieux que moi. S’ils peuvent y arriver, pourquoi pas moi ? »

Malgré leurs déboires, Tim Élise et Clémentine gardent beaucoup de positif des vacances au ski. La première vante le « cadre magnifique » et le « coté très convivial ». Quant à Clémentine, elle espère y retourner assez vite pour ne pas « oublier » ses progrès. « Si j’étais resté sur mes impressions de la première journée, je ne pense pas que j’aurais eu cette envie », estime-t-elle. Comme quoi, au ski, le secret est peut-être dans la persévérance.

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