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Alcool, tabac, cannabis : des susbstances qui intéressent de moins en moins les jeunes Français

En 2022, 43,4 % des collégiens déclarent avoir expérimenté l’alcool contre 60 % quatre ans plus tôt
Jutta Klee / Getty Images/fStop En 2022, 43,4 % des collégiens déclarent avoir expérimenté l’alcool contre 60 % quatre ans plus tôt

ADOS - Les adolescents français sont moins attirés que leurs aînés par les substances addictives et consomment de moins en moins de tabac, alcool et cannabis. L’ensemble des niveaux d’usages de ces substances chez les adolescents français est en baisse en 2022 par rapport à 2018, selon la deuxième édition de l’enquête nationale EnCLASS, menée par l’OFDT et à laquelle ont participé plus de 9 500 collégiens et lycéens.

En 2022, selon les résultats publiés jeudi 25 janvier, 43,4 % des collégiens déclarent avoir expérimenté l’alcool : ils étaient 60 % quatre ans plus tôt ; 11,4 % contre 21,2 % en 2018 disent avoir expérimenté la cigarette ; et 5,3 % contre 6,7 % en 2018 disent avoir testé le cannabis.

Parmi les lycéens, on observe également une diminution sensible des niveaux de consommation d’alcool durant la même période : l’expérimentation et l’usage dans le mois sont passés respectivement de 85,0 % à 68,3 % et de 62,1 % à 49,3 %. La consommation régulière a été divisée par trois, passant de 16,7 % à 5,3 %.

« Tout n’est pas réglé »

Ces résultats sont « encourageants » voire « spectaculaires », selon les spécialistes. « Les résultats sont globalement encourageants », a déclaré jeudi Guillaume Airagnes, directeur de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) au cours de la présentation à la presse de cette enquête sur l’usage de substances psychoactives chez les collégiens et lycéens français.

Dans le détail, l’alcool reste la substance la plus couramment expérimentée et consommée par les adolescents : un collégien sur dix a déjà été ivre, et ce sans distinction selon le sexe. « On se réjouit pour l’alcool, mais tout n’est pas réglé », résume pour l’AFP Stanislas Spilka, responsable de l’unité data de l’OFDT.

« Il y a une alcoolisation ponctuelle importante, cinq verres pour la même occasion. Ils sont moins nombreux à boire, mais quand ils boivent, ils boivent de cette manière-là, un comportement qui reste dangereux », poursuit-il.

Selon l’étude, en classe de 6e, 26,9 % des élèves déclarent avoir déjà consommé de l’alcool. Une initiation qui, contrairement au tabac, se passe le plus souvent en famille, souligne Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), qui appelle à « s’attaquer » à ce problème ainsi qu’à la vente d’alcool aux mineurs.

« Les résultats sont vraiment bons, certains même spectaculaires », grâce notamment aux campagnes de prévention menées par les pouvoirs publics et les professionnels, « mais on ne va pas crier victoire », a-t-il souligné.

L’expérimentation du tabac a aussi nettement chuté chez les collégiens, de 21,2 % à 11,4 % en quatre ans, et de 53 % à 34 % chez les lycéens. « La perspective d’une génération sans tabac est quasi atteignable », souligne Stanislas Spilka. La diffusion du cannabis est plus tardive et reste limitée durant le collège. Au lycée, 22,5 % déclarent en avoir consommé en 2022 contre 33,1 % en 2018.

« La rupture de la sociabilité a stoppé les expérimentations »

Sur une période plus longue, depuis 2010, la consommation de substances a connu une importante diminution qui s’est accentuée ces dernières années en raison au Covid. « La rupture de la sociabilité a stoppé les expérimentations », explique Stanislas Spilka.

Et même si tous constatent la dégradation de la santé mentale des adolescents depuis la crise sanitaire, « on n’a pas identifié un produit ou un comportement de consommation particulier qui viendrait compenser ces baisses massives » de consommation des substances psychoactives, assure l’expert interrogé par l’AFP.

« On observe un certain nombre de comportements concernant les jeux de hasard ou les jeux vidéo et on n’a pas vu pour l’instant de transfert, en tout cas sur ces deux axes-là », ajoute-t-il.

Même constat chez Nicolas Prisse. « Je ne crois pas qu’on puisse dire que ça cache d’autres addictions, on le verrait », déclare-t-il à l’AFP. « La question qu’on peut se poser : est-ce que c’est un phénomène très durable ? Seul l’avenir nous le dira », conclut-il.

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