Alain Juppé veut aligner les retraites du public sur celles du privé

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Photo : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Candidat à la primaire chez les Républicains, Alain Juppé a sorti mardi dernier son livre “Cinq ans pour l'emploi”. Et parmi les grandes lignes de ce programme économique pour la présidentielle de 2017, une proposition est loin de faire l’unanimité : l'alignement des régimes de retraite du public et du privé.

On savait déjà que l'ancien Premier ministre prônait haut et fort la retraite à 65 ans. On savait moins qu'il voulait que cette retraite soit la même dans le secteur public que dans le privé.

Une “petite bombe” que pointe le JDD après la lecture du livre d'Alain Juppé, “Cinq ans pour l'emploi”, où il présente son programme en matière d'économie s'il est choisi pour représenter la droite à la présidentielle de 2017.

Les 25 meilleures années

Actuellement, le montant des retraites des fonctionnaires est calculé sur les six derniers mois, alors que celles des salariés du privé l'est sur les 25 meilleures années. Une méthode de calcul qui permet en théorie à un retraité de la fonction publique d’avoir une meilleure pension, à salaire égal.

Ce qu'Alain Juppé propose, c'est de calculer les retraites des fonctionnaires… sur les 25 meilleures années, comme dans le privé. Il l'écrit ainsi page 129 : que “tous les nouveaux fonctionnaires recrutés à partir de 2018 soient dorénavant affiliés au régime général et aux caisses de retraite complémentaires comme tous les salariés du privé”. Une réforme qui concernerait les trois fonctions publiques (État, hospitalière, territoriale).

Pas touche aux régimes spéciaux

Pour l'instant, aucun gouvernement n'a encore osé niveler cette différence, de peur de provoquer une importante vague de contestation.

Le maire de Bordeaux ne propose pas en revanche de supprimer les régimes spéciaux (RATP, SNCF, EDF…), mais juste de repousser le départ à la retraite de trois ans. Par exemple, un cheminot qui peut aujourd'hui partir à 52 ans devra attendre 55 ans.

“C'est la théorie de la goutte d'eau, explique le député juppéiste Benoist Apparu. Il faut bien remplir le vase, mais éviter la goutte d'eau de trop. Parce que si vous allez trop loin et qu'au final ça ne passe pas, vous avez tout perdu.”

“On ne peut pas être d’accord”

Pour certains syndicats, cet alignement public-privé est déjà la goutte d'eau. “On ne peut pas être d'accord, c'est une remise en cause du statut de la fonction publique", prévient Jean-Claude Mailly de FO.

Pour Jean-Marc Canon, à la tête de la fédération CGT des fonctionnaires, cela “paraît extrêmement compliqué […]. La fonction publique a des spécificités de carrières et de missions avec ses droits et ses devoirs. Une telle perspective ne saurait rencontrer notre accord."

“Favorables à une harmonisation”

La CFDT n’est pas foncièrement contre, comme l’indique la n°2, Véronique Descacq : "Nous sommes favorables à une harmonisation progressive des régimes de retraite, notamment pour éviter que les polypensionnés ne perdent des droits comme aujourd'hui”. A condition qu’il ne veuille pas le faire brutalement et rapidement !

À droite, l'idée n'emballe pas forcément. Éric Woerth, l'ancien ministre du Travail en charge du projet du parti en vue de 2017, juge possible de réaliser cet alignement… dans “sept ou huit ans" seulement !

A dire c’est simple, à faire c’est autre chose, comme le rappelle Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy : “ça fait trente ans qu'on en parle. Si on l'avait fait il y a trente ans, ce serait réglé aujourd'hui”.

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