Alain Juppé réplique à Bernadette Chirac

Alain Juppé a répliqué lundi à Bernadette Chirac, qui le trouve trop "froid" pour attirer les électeurs, en confiant que l'ancien président Jacques Chirac le considérait toujours comme "le meilleur d'entre nous". /Photo prise le 20 mars 2014/REUTERS/Régis Duvignau

BORDEAUX (Reuters) - Alain Juppé a répliqué lundi à Bernadette Chirac, qui le trouve trop "froid" pour attirer les électeurs, en confiant que l'ancien président Jacques Chirac le considérait toujours comme "le meilleur d'entre nous".

L'épouse de Jacques Chirac, fervente partisane de Nicolas Sarkozy, a dit sur Europe 1 douter des capacités du maire UMP de Bordeaux à briguer l'investiture de la droite à la primaire de 2016 pour l'élection présidentielle de 2017.

Alain Juppé, qui fut le Premier ministre de Jacques Chirac de 1995 à 1997, est le rival le plus sérieux de Nicolas Sarkozy pour l'Elysée, selon plusieurs enquêtes d'opinion.

"Juppé? Qu'est-ce que Juppé a à voir avec Sarkozy?", demande Bernadette Chirac à un journaliste d'Europe 1 qui l'interrogeait dimanche sur la recomposition à l'UMP, en marge des élections sénatoriales en Corrèze.

L'épouse de Jacques Chirac est conseillère générale de Corrèze et adjointe au maire de Tulle.

Alain Juppé "est très très froid, il n'attire pas les gens, les amis, les électeurs éventuels", déclare-t-elle.

Evoquant les meetings passés de Nicolas Sarkozy, qui brigue désormais la présidence de l'UMP, Bernadette Chirac assène : "Juppé peut courir avant de faire des succès comme ça sur les planches".

"Vous savez, quand on approche des élections de plus en plus importantes, il faut des qualités très exceptionnelles. Il y a très peu de gens -- je le sais, puisque mon mari a été deux fois président de la République -- qui peuvent faire ça", ajoute-t-elle.

A la question de savoir si Alain Juppé ira jusqu'au bout de sa candidature, elle répond : "On verra bien, qui vivra verra".

"STÉRÉOTYPES"

Alain Juppé a feint d'ignorer ces commentaires peu amènes en marge d'une conférence de presse à Bordeaux.

"Les déclarations de Bernadette Chirac ne me préoccupent pas du tout. Il y a bien longtemps que cette image appartient au passé. Est-ce que vous pensez que les Bordelais me trouvent trop froid? Il y a des stéréotypes qui durent dans la vie", a-t-il dit à des journalistes.

"J'ai vu récemment Jacques Chirac, et ça a été un moment de grande convivialité. Il m'a confirmé son sentiment, à savoir que j'étais le meilleur d'entre nous", a-t-il ajouté.

En septembre 1993, lors des universités d'été des jeunes RPR, Jacques Chirac avait salué Alain Juppé comme "probablement le meilleur d'entre nous".

L'expression, devenue proverbiale à droite, n'a pas quitté Alain Juppé, qui a longtemps renvoyé une image de froideur et de rigidité.

Ironie de l'actualité, l'ancien ministre des Affaires étrangères, qui a entamé un "match" jusqu'ici cordial avec Nicolas Sarkozy, se voit décerner lundi le Grand prix "Humour et Politique" pour une petite phrase lourde de résonances.

"En politique, on n'est jamais fini. Regardez-moi!", avait-il dit dans l'édition du 18 novembre 2013 de Libération.

Une allusion aux ennuis judiciaires qui l'avaient contraint à une douloureuse traversée du désert.

Alain Juppé avait été condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, à l'époque où Jacques Chirac en était le maire.

(Sophie Louet avec Claude Canellas à Bordeaux)

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