En aidant un migrant, elle a découvert que la solidarité était contagieuse

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Au départ, elle l'a vécu comme un grand saut dans le vide. Julia Montfort a hébergé un demandeur d'asile. "Ça devait durer quelques jours, se souvient la journaliste indépendante de 38 ans, il est resté un an et demi." L'expérience a changé sa vie. Dans ses Carnets de solidarité* qui viennent de paraître, elle porte la voix de tous ces citoyens ordinaires qui, comme elle, ont un jour choisi d'ouvrir leur porte. Son aventure débute le 4 juillet 2017. Son mari est en déplacement, la voilà seule avec son hôte, Abdelhaq, un Tchadien de 21 ans. L'inconnu dort dans la chambre à côté de la sienne, chez eux, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Elle entend sa respiration à travers la cloison.

Des questions l'assaillent : "Et s'il me dépouillait? Et si c'était un terroriste?" Le lendemain, elle part en laissant ses clés, inquiète : "Et s'il partait avec la télé ou changeait la serrure?" Le soir, la tension s'évanouit : elle retrouve le jeune homme… plongé dans un album d'Astérix.

A l'époque, le geste était passible de cinq ans de prison

"L'hospitalité n'est pas un geste naturel", admet-elle. Quand on n'est ni croyante ni engagée dans le bénévolat, laisser un inconnu entrer dans son cocon reste "une épreuve, surtout quand on a l'habitude de travailler chez soi". Il faut apprendre à cohabiter, à ­communiquer sans parler la même langue, à concilier les rythmes, les modes de vie. Et admettre qu'un toit ne résout pas tout. "Quand vous avez quelqu'un de silencieux et de traumatisé au petit déjeu...


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