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Les agriculteurs ont-ils reçu un traitement de faveur ? Même les Français le pensent - SONDAGE EXCLUSIF

Même les Français pensent que les agriculteurs ont reçu un traitement de faveur de la part des forces de l’ordre (photo d’illustration : Gérald Darmanin, Laurent Nuñez et Frédéric Veaux le 28 janvier).
THOMAS SAMSON / AFP Même les Français pensent que les agriculteurs ont reçu un traitement de faveur de la part des forces de l’ordre (photo d’illustration : Gérald Darmanin, Laurent Nuñez et Frédéric Veaux le 28 janvier).

POLITIQUE - Une bienveillance remarquée. Depuis le début de la crise agricole, de nombreuses voix politiques ou syndicales pointent le traitement de faveur dont bénéficient les paysans par rapport aux autres mouvements sociaux, celui contre la réforme des retraites par exemple, souvent réprimés ces dernières années.

« La prochaine fois, on va faire nos manifestations avec des tracteurs et peut-être que ce sera plus simple », ironisait par exemple la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet le 26 janvier sur France 2, à l’unisson de plusieurs élus de gauche ou écologistes.

Le constat d’un « deux poids, deux mesures » que les Français partagent. Selon un sondage mené à la fin du mois de janvier par l’institut YouGov pour Le HuffPost, 65 % de la population estime que les agents des forces de l’ordre ne se sont pas comportés avec les agriculteurs comme ils se comportent dans le cadre d’autres mobilisations. À raison ?

Gérald Darmanin et le « coup de sang légitime »

Force est de constater que leur mouvement n’a pas rencontré beaucoup d’opposition de la part des policiers et gendarmes depuis deux semaines. Avant l’interpellation – et la garde à vue – de 90 personnes mercredi 31 janvier parce qu’elles manifestaient trop près du marché de Rungis, les agriculteurs ont bénéficié d’une forme de mansuétude de la part des pouvoirs publics.

Ceci malgré des actions parfois spectaculaires, comme vous pouvez le voir ci-dessous, entre le sabotage de camions étrangers ou le chaos semé devant les préfectures.

Le ministre de l’Intérieur a lui-même théorisé cette doctrine du maintien de l’ordre à géométrie variable. Évoquant « le coup de sang légitime » de personnes qui « travaillent », Gérald Darmanin a plusieurs fois mis en avant le caractère pacifique ou non-violent, selon lui, des nombreuses actions menées partout en France.

« Est-ce que les agriculteurs s’en prennent aux policiers et aux gendarmes ? Est-ce qu’ils s’en prennent aux bâtiments publics ? Est-ce qu’ils mettent le feu aux bâtiments publics ? Ce n’est pas le cas », a-t-il ainsi expliqué sur TF1, le 25 janvier au soir, en ajoutant : « on ne répond pas à la souffrance en envoyant des CRS. »

Une sortie qui a fait bondir de nombreux élus ou observateurs… jusqu’à l’acteur Pierre Niney et son « malaise palpable » expliqué dans un message publié sur les réseaux sociaux : « Au-delà des revendications justifiées de nos agriculteurs, ce discours après qu’une bombe a explosé devant un bâtiment public à Carcassonne inquiète. La répression policière dépendrait donc des opinions du gouvernement et non plus du Droit ».

Notons, en tout cas, que ce débat sur un « deux poids, deux mesures » ne change pas le regard positif des Français sur la mobilisation des agriculteurs. Selon notre sondage, mené principalement avant les dernières annonces de Gabriel Attal jeudi, 82 % de la population soutient leur fronde.

Cette enquête a été réalisée sur 1 016 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France, du 29 janvier au 2 février 2024.

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