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Les agriculteurs européens reprennent la contestation

Les agriculteurs européens reprennent la contestation

Un compromis a été trouvé à Bruxelles sur la question sensible du soutien aux exportations agricoles ukrainiennes. Les Etats de l'Union européenne et le Parlement européen se sont entendus, dans la nuit de mardi à ce mercredi, pour renouveler pour un an l'exemption de droits de douane sur les denrées agricoles dont bénéficie Kyiv depuis le début de la guerre il y a deux ans, tout en plafonnant les importations de certains produits "particulièrement sensibles".

Malgré ces récentes annonces de la Commission européenne, les agriculteurs polonais ont repris leurs mobilisation en bloquant les routes d'accès à plusieurs grandes villes. Près de 500 barrages et 580 points de rassemblement ont été repertoriés dans tout le pays, avec une participation totale estimée à près de 70 000 personnes. L'accès à Varsovie, Wrocław, Poznań, ou encore Bydgoszcz est bloqué.

"Les corrections à la politique du Pacte vert évoquées par la Commission européenne sont seulement cosmétiques et laisseront tout le monde insatisfait. Nous voulons des changements plus précis" commente Tadeusz Kaleta, agriculteur et organisateur de la manifestation.

Lukasz Plata, agriculteur mobilisé dès le début du mouvement, ajoute : "notre obligation est de garantir la sécurité alimentaire de la Pologne. Maintenant, si nous faisons faillite, la société n'aura pas le choix et mangeront des produits importés de l’extérieur de l’UE."

Les agriculteurs français quant à eux bloquent l'accès aux sites de Total Energies en raison des retards dans l'aide promise par l'Union européenne et le gouvernement français, comme à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Une montagne de pneus s'entassent devant les portes du site, et empêche les employés de rentrer.

Selon les chiffres du Ministère de l'Agriculture, 7,6 milliards d'euros sur les 8,6 milliards d'euros d'aide prévus ont déjà été payés aux agriculteurs le 15 mars. Mais pour les manifestants, les promesses ne sont pas tenues.

"Il faut qu'ils bousculent leurs administrations matin, midi et soir et leur disent : il y a des engagements, vous nous les appliquez sur le terrain, nous nous en foutons du problème" affirme Arnaud Gaillot, président des Jeunes Agriculteurs.

Les agriculteurs tchèques se joignent eux aussi au mouvement pour attirer l'attention sur ce qu'ils considèrent comme des problèmes non résolus, à la fois au niveau national et européen.

Certains agriculteurs se sont rendus à la frontière polonaise pour rencontrer leurs collègues étrangers.

Les manifestants attendent avec impatience les décisions du Conseil européen, qui se réunit ce jeudi à Bruxelles.