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Agriculteurs : les annonces de Gabriel Attal déçoivent le monde agricole, qui va continuer les blocages

Visiblement peu convaincus par le discours de politique générale de Gabriel Attal, les agriculteurs comptent prolonger leur mobilisation et leurs blocages routiers.

N’ayant pas convaincu les agriculteurs lors de son discours de politique générale, Gabriel Attal va à nouveau rencontrer la FNSEA ce mardi soir.
FREDERICK FLORIN / AFP N’ayant pas convaincu les agriculteurs lors de son discours de politique générale, Gabriel Attal va à nouveau rencontrer la FNSEA ce mardi soir.

AGRICULTEURS - Si ce grand oral ne leur était pas uniquement destiné, ils ont quand même été déçus. Ce mardi 30 janvier, de nombreux agriculteurs en colère présents sur les blocages ont tendu l’oreille pendant plus d’une heure pour écouter le discours de politique générale du Premier ministre Gabriel Attal.

Colère des agriculteurs : Attal promet une « exception agricole française » dans sa déclaration de politique générale

Attendu sur d’éventuelles annonces pour le monde agricole, Gabriel Attal a surtout déçu les agriculteurs qui attendaient davantage du chef de l’exécutif, après les premières annonces de vendredi.

Car devant les députés, Gabriel Attal a surtout défendu une « exception agricole française », avant d’énumérer plusieurs mesures déjà annoncées et destinées à faciliter la vie des exploitants. Comme promettre des aides fiscales supplémentaires pour les éleveurs et que les aides européennes de la Politique agricole commune (PAC) soient versées « d’ici le 15 mars ».

Il a fini par rappeler que la crise agricole ne serait pas réglée « en quelques jours », se disant prêt à « aller plus loin ». Un constat visiblement insuffisant pour convaincre les agriculteurs, qui ne comptent pas lever leurs barrages dans l’immédiat.

La situation reste donc tendue. Ce mardi soir, Gabriel Attal doit d’ailleurs recevoir la FNSEA -syndicat agricole majoritaire- à Matignon, alors qu’une réunion similaire de plus de trois heures avait déjà eu lieu lundi soir, en compagnie des Jeunes agriculteurs.

Un discours qui ne convint pas

Après la fin du discours du Premier ministre, certains agriculteurs ont laissé éclater leur colère face aux manques de réponses concrètes pour leur profession. Dans le Gard, des agriculteurs ont allumé des feux sur l’autoroute pour illustrer leur mécontentement. Ces départs de feu ont d’ailleurs contraint les pompiers à intervenir et un groupement de CRS a été déployé pour éviter de nouveaux débordements.

Selon une source policière citée par l’AFP, 170 rassemblements ont été répertoriés ce mardi à travers la France, impliquant plus de 9 000 personnes et 5 000 engins agricoles. Signe que le mouvement ne faiblit pas.

Interrogé sur le discours de Gabriel Attal, le président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, Serge Bousquet-Cassagne évoque auprès de l’AFP un « blabla » qui « ne répond absolument pas à nos attentes ! ».

« On aurait aimé par exemple qu’il annonce (la suppression) des droits de succession agricoles », avance-t-il. Assurant être « remotivé » par le fait d’avoir été « berné » par le gouvernement, il était en route pour rejoindre le convoi de 200 tracteurs qui, parti d’Agen sous l’étendard de la Coordination rurale, prévoit de rejoindre le marché de Rungis, poumon alimentaire de l’Île-de-France, après une nuit entre Vierzon et Orléans.

Jérôme Bayle, éleveur et précurseur du mouvement des agriculteurs qui avait rencontré Gabriel Attal vendredi sur son exploitation, assure quant à lui rester sur le « qui-vive » après avoir repris le travail. Et si « au 5 février sur les dossiers MHE on ne peut pas les déposer c’est qu’il nous aura menti et bien on lui fera entendre qu’on ne nous ment pas deux fois », a-t-il averti au micro de BFMTV.

Alice Avisse, secrétaire générale adjointe de la section de l’Oise de la FNSEA fait part d’une détermination similaire chez les manifestants qui bloquent l’A1 dans les deux sens avec quelque 150 tracteurs. « On ne bouge pas, nous allons rester là jusqu’à ce que des mesures concrètes d’urgence soient prises », affirme-t-elle. Sur le blocage de l’A6, près de Paris, un agriculteur membre de la FDSEA confirme cet état d’esprit à BFMTV : « Notre détermination est complète et nous irons jusqu’au bout ».

Dans un convoi de centaines de tracteurs bloquant l’A35, l’autoroute qui longe Strasbourg, Johanna Trau, céréalière et éleveuse à Ebersheim, se montre sceptique sur le versement des aides PAC au 15 mars. « Déjà que certaines mesures mettent trois ou quatre ans à être appliquées… Là je demande à voir ! », dit-elle avant d’ajouter : « On ne veut pas forcément être bercés aux aides, on veut surtout des prix rémunérateurs ».

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