En Afghanistan, des présentatrices télé défient l’ordre des talibans de se couvrir le visage

KIANA HAYERI / NYT

“Présenter un programme pendant plus de trois heures tout en portant un masque comme nous l’ordonne le décret, c’est extrêmement difficile”, témoigne Tahmina, présentatrice de la chaîne afghane TOLO News. Alors que le chef suprême des talibans a émis au début du mois un ordre selon lequel les femmes doivent se couvrir entièrement en public, y compris le visage, les présentatrices des principales chaînes de télévision ont décidé samedi de défier les nouveaux maîtres de l’Afghanistan : elles sont passées à l’antenne sans se couvrir le visage.

“Nos consœurs craignent que si elles se couvrent le visage, la prochaine chose qu’on leur dira sera d’arrêter de travailler”, a expliqué Abid Ehsas, chef des informations de Shamshad TV. “C’est la raison pour laquelle elles n’ont pas respecté l’ordre jusqu’à présent”, a-t-il dit à l’Agence France Presse (AFP).

Le redouté ministère du Vice et de la Vertu a rappelé les chaînes à l’ordre samedi, soulignant une fois de plus que les présentatrices devaient obligatoirement se couvrir le visage avec un masque dès dimanche, rapporte TOLO News. Le porte-parole du ministère a précisé que cette décision était “définitive” et qu’il n’y avait “pas de discussion possible”.

Un décret moyennement respecté

Dans les rues de la capitale afghane, ce nouveau décret n’est que “moyennement respecté”, raconte le New York Times. Dans le quartier de Dasht-e-Barchi, qui abrite les Hazaras, une minorité musulmane majoritairement chiite, “très peu de femmes se couvrent le visage”, note le quotidien américain. “Mais dans la région voisine de Karte Naw, une zone ethnique pachtoune, qui fait partie de la majorité sunnite, la plupart des femmes portent des hijabs, ou des foulards, qui cachent leur visage”. En dehors de la capitale, la majorité des femmes semblent obéir au décret. À travers le pays, beaucoup ont rapporté avoir été rappelées à l’ordre par des talibans, parfois de manière violente, raconte le New York Times.

Les talibans ont repris le pouvoir en août 2021 en annonçant un régime plus souple que lors de leur premier règne rigoriste. Mais ils ont ces derniers mois recommencé à réprimer les oppositions et à éroder les libertés, notamment pour les femmes dans l’éducation, le travail et la vie quotidienne.

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