Affaire Sarah Halimi : la sœur de la victime va porter plainte en Israël contre le meurtrier, Kobili Traoré

Jeanne Bulant
·2 min de lecture

Les avocats de la sœur de Sarah Halimi ont annoncé vouloir saisir la justice en Israël contre Kobili Traoré, reconnu pénalement irresponsable de la mort de la sexagénaire à Paris en 2017.

Selon les informations de BFMTV, les avocats de la sœur de Sarah Halimi, Me Francis Szpiner et Gilles-William Goldanel, ont décidé de porter plainte en Israël contre Kobili Traoré, le meurtrier de la sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, alors que son irresponsabilité pénale a été confirmée mercredi par la Cour de cassation.

Mes Francis Szpiner et Gilles-William Goldnadel ont annoncé mercredi vouloir "saisir la justice israélienne d'une plainte à l'encontre de Kobili Traoré au nom d'Esther Lekover, sœur de la victime," la loi pénale d'Israël pouvant s'appliquer à des crimes antisémites commis à l'étranger et dénoncés par un citoyen israélien, ce qui est le cas de leur cliente, précise l'Agence France Presse. Le but de la plainte serait d'obtenir un procès contre Kobili Traoré en Israël, même si la France n'extrade pas ses ressortissants.

Mercredi, la plus haute juridiction française a rejeté le pourvoi formé par la famille de Sarah Halimi contre la décision rendue en 2019 par la cour d'appel de Paris, qui avait déclaré le jeune homme irresponsable pénalement sur la base de trois expertises selon lesquelles il avait commis les faits au cours d'une "bouffée délirante", sur fond de forte consommation de cannabis. 

Macron favorable à un changement de loi

Une décision vivement critiquée par le Congrès juif européen (CJE) lundi, qui a demandé des mesures "pour que ce déni de justice ne se reproduise" pas. "Il s'agit d'un échec considérable du système judiciaire français et d'un dangereux précédent pour l'État de droit et pour l'ensemble de la société, avec des conséquences potentielles pour toute l'Europe", a déclaré le président du CJE, Moshe Kantor, dans un communiqué publié à Bruxelles.

La veille, Emmanuel Macron a dit souhaiter un changement de la loi pour que l'abolition du discernement causé par une prise de stupéfiants n'exonère pas une personne de sa responsabilité pénale.

Les faits remontent au 4 avril 2017: Kobili Traoré, un musulman de 27 ans, fait irruption chez sa voisine juive de 65 ans, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi. Il la roue de coups aux cris de "Allah Akbar" et en récitant des versets du Coran, avant de la jeter par-dessus le balcon de leur HLM de Belleville, dans l'est de Paris.

L'affaire avait relancé une vive polémique sur l'antisémitisme qui imprégnerait certains quartiers populaires. Et la décision de non-lieu en 2019 avait suscité à son tour un fort débat politique.

Article original publié sur BFMTV.com

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