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Affaire Rubiales: Rapinoe dénonce "un niveau profond de misogynie et de sexisme"

Affaire Rubiales: Rapinoe dénonce "un niveau profond de misogynie et de sexisme"

Président de la fédération espagnole de football, Luis Rubiales est dans la tourmente. Dimanche, à l'issue du sacre de l'Espagne lors de la Coupe du monde féminine face à l'Angleterre (1-0), le dirigeant a embrassé de force Jenni Hermoso lors de la cérémonie protocolaire. Dans un entretien accordé à The Athletic, Megan Rapinoe est revenue à son tour sur cette affaire.

"Pensez à tout ce que l'équipe espagnole a dû supporter"

La joueuse américaine de 38 ans, qui prendra sa retraite à l'issue de la saison, est connue pour son engagement. Militante féministe, en première ligne de la lutte pour les droits des LGBTQIA+ depuis son coming-out en 2012, la co-capitaine de la sélection américaine a également été à la pointe de la lutte pour l'égalité salariale entre les sélections masculine et féminine des Etats-Unis.

Forcément, le geste de Rubiales n'a pas du tout plu à Megan Rapinoe: "Cela m'a fait réfléchir à tout ce que nous devons endurer. Pensez à tout ce que l'équipe espagnole a dû supporter, a noté celle qui a été éliminée avec les Etats-Unis lors des huitièmes de finale du Mondial en Océanie. Certaines des joueuses qui se sont levées l'année dernière pour protester ne font toujours pas partie de l'équipe. Peut-être que cela les a galvanisés, mais on ne devrait pas avoir à subir cela."

En septembre 2022, sur fond de divergences avec le sélectionneur Jorge Vilda, quinze joueuses avaient quitté la Roja. Celles-ci protestaient contre les mauvais traitements infligés par leur entraîneur et la Fédération. Finalement, trois "frondeuses" ont joué le Mondial: Aitana Bonmati, Mariona Caldentey et Ona Batlle. La Fédération avait fini par accéder à plusieurs demandes de celles qui ont été surnommées "Las 15".

"Dans quel monde à l'envers vivons-nous?"

La sélection féminine espagnole a donc réussi à surmonter près d'un an de controverses pour remporter son premier titre mondial. Mais l'attitude de Luis Rubiales a rapidement ravivé les polémiques. Outre le baiser forcé à Hermoso, pour lequel l'intéressé a fini par s'excuser, d'autres images ont choqué le grand public, dont celle où Luis Rubiales a été aperçu en train d'effectuer un geste obscène au coup de sifflet final, en saisissant son entrejambe. Pour Megan Rapinoe, cette scène témoigne d'un "niveau profond de misogynie et de sexisme dans cette fédération et chez cet homme".

"Dans quel monde à l'envers vivons-nous? Sur la plus grande scène, là où vous devriez célébrer, Jenni (Hermoso) doit être physiquement agressée par ce type", a encore regretté Megan Rapinoe à propos du comportement de Luis Rubiales. Ce mercredi, le gouvernement espagnol a exigé une enquête "transparente et urgente" à la fédération nationale de football après cette récente affaire.

Article original publié sur RMC Sport