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Affaire Fourniret : Monique Olivier reconnaît « tous les faits » qui lui sont reprochés lors de son procès

Monique Olivier, ici au palais de justice de Charleville-Mézières en mai 2008.
AFP Monique Olivier, ici au palais de justice de Charleville-Mézières en mai 2008.

JUSTICE - « Je reconnais tous les faits ». Monique Olivier, jugée depuis lundi devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine pour complicité dans les enlèvements et meurtres de Joanna Parrish, Marie-Angèle Domèce et Estelle Mouzin, n’a pas hésité à reconnaître l’ensemble des faits ce mercredi 29 novembre, lors d’un bref interrogatoire.

Invitée par le président de la cour Didier Safar à donner sa « position sur les trois faits » qui lui sont reprochés, l’ancienne épouse du tueur en série Michel Fourniret a déclaré debout, dans le box des accusés : « Je reconnais tous les faits, les trois faits qui me sont reprochés ».

Questionnée une seconde fois par le président, pour s’assurer qu’elle évoque bien les dossiers Parish, Domèce et Mouzin, Monique Olivier a simplement acquiescé.

Mardi, lors de la lecture des faits par le président, elle avait déjà exprimé des regrets. « Je regrette tout ce qu’il s’est passé », avait-elle dit. L’accusée septuagénaire avait toutefois nié tout « pacte criminel » entre elle et celui que l’on surnomme « l’ogre des Ardennes ».

Sur sa vie conjugale avec Michel Fourniret, de 1987 à 2004, elle avait expliqué avoir vécu dans la « peur », sans avoir elle-même subi de violences physiques, mais craignant qu’il lui arrive « quelque chose » à elle et au fils né de leur union, Selim.

Monique Olivier avait également affirmé avoir servi « d’appât » contre son gré lors d’enlèvements de jeunes filles, comme Isabelle Laville en 1987, à la sortie de prison de Fourniret. Elle était alors enceinte de son fils Selim. « Il m’a utilisée », a-t-elle dit plusieurs fois au cours de son interrogatoire.

« Coaction morale » du couple

Ce mercredi, Monique Olivier a ensuite écouté la déposition de Francis Nachbar, ancien procureur de la République de Charleville-Mézières, qui avait requis contre elle et Michel Fourniret en 2008 lors du premier procès du couple.

« La duplicité de cette femme dépasse l’entendement », a d’ailleurs affirmé le magistrat à la retraite, racontant avoir assisté aux interrogatoires de Monique Olivier par les enquêteurs belges en 2004.

Ce dernier a également cité devant la cour des exemples de la « coaction morale » entre l’accusée et Michel Fourniret. Rappelant qu’elle avait lavé des victimes et aider son mari à avoir des érections pour commettre ses viols, il juge donc que « ce sont tous les deux des monstres d’inhumanité, de perversité et de cruauté, ils sont tous les deux dangereux ».

Aujourd’hui âgée de 75 ans, Monique Olivier est jugée pour complicité d’enlèvement et de séquestration suivis de mort au préjudice d’Estelle Mouzin, alors âgée de neuf ans. Elle comparaît aussi pour complicité dans l’enlèvement et la séquestration, le viol ou la tentative de viol, puis le meurtre de deux jeunes femmes de 18 et 20 ans, Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce.

Les corps de Marie-Angèle Domèce et d’Estelle Mouzin n’ont toutefois jamais été retrouvés, malgré plusieurs campagnes de fouilles. Par le passé, Monique Olivier a déjà été condamnée deux fois par des cours d’assises, à la perpétuité en 2008 puis à 20 ans en 2018, pour complicité dans des crimes de Michel Fourniret.

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