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Affaire Fourniret: la découverte de nouveaux ADN relance les espoirs des familles de disparues

Cécile Vallin a disparu en 1997 à Saint-Jean-De-Maurienne, en Savoie. - BFMTV
Cécile Vallin a disparu en 1997 à Saint-Jean-De-Maurienne, en Savoie. - BFMTV

La piste Fourniret réexaminée dans de nombreuses affaires de disparition ou de meurtre non résolues. C'est l'espoir de nombreuses familles de victimes après la découverte d'une dizaine d'ADN inconnus sur un matelas ayant appartenu au tueur en série et saisi en 2003 dans l'ancienne maison de sa sœur.

Après cette découverte, réalisée par deux laboratoires, dont celui d'hématologie médico-légale de Bordeaux, les ADN vont être comparés à ceux de victimes d'affaires non résolues, et notamment des affaires datant de la période dite "blanche", période pendant laquelle aucun crime n'a pu être attribué à Michel Fourniret

"On demande à l’OCRVP (l'Office central pour la répression des violences aux personnes, NDLR) de donner un second souffle à cette enquête", détaille Me Caty Richard, l'avocate du père de Cécile Vallin.

Comparaison d'ADN

La jeune femme s'est volatilisée le 8 juin 1997 à Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, à la veille de passer son bac. "Beaucoup de pistes ont été envisagées dont celle de Michel Fourniret, rappelle Me Caty Richard. Les enquêteurs savaient que Michel Fourniret était dans la région de Savoie, de Haute-Savoie, au moment de la disparition de Cécile." Mais son ADN avait été comparé à ceux découverts dans la fourgonnette du tueur, en vain.

L'absence de preuves scientifiques pouvant relier Michel Fourniret à une enquête est également au coeur des interrogations de Me Georges Catala. Ce dernier défend les parents de Marion Wagon, disparue à l'âge de 10 ans le 14 novembre 1996 à Agen, dans le Lot-et-Garonne.

"On est allé partout, on a frappé à toutes les portes des suspects d’Agen mais force est de constater que celui ou celle qui a enlevé Marion était à l’évidence une personne étrangère à la cité, estime l'avocat. Le profil d’un prédateur comme Fourniret apparaissait donc. Se posait à l’époque le problème de l’ADN."

"Savoir ce qui est arrivé"

Pour Me Didier Seban, l'avocat de sept jeunes femmes qui ont pu être victimes de Michel Fourniret, il ne fait que peu de doutes que le parcours criminel du tueur n'a pas pris fin entre les années 1990 et 2000. "Nous sommes sûrs que la résolution de beaucoup d’affaires criminelles serait possible si on finalisait l’enquête sur Michel Fourniret", estime-t-il.

"Quand Michel Fourniret est arrêté, quand il avoue tous ses meurtres à Charleville, les gendarmes à l’époque font le rapprochement avec une cinquantaine d’affaires, se rappelle l'avocat. Ils disent qu’il pourrait être en cause dans une cinquantaine de dossiers. Ca n’est pas certain mais ils vérifient en fonction de ses déplacements, des périodes où il était détenu. Certaines affaires ont été résolues, ce n’était pas Michel Fourniret, mais il en reste d’autres."

La découverte d'une dizaine d'ADN inconnus fait donc renaître l'espoir pour ces familles d'obtenir une réponse. "Nous avons beaucoup d’espoir, d’espérance pour que la petite Marion ait une sépulture", aspire Me Georges Catala, qui évoque "un rebondissement positif". Même espérance pour Me Caty Richard.

"Tout ce que j’espère c’est savoir un jour ce qui est arrivé à Cécile, confie-t-elle. Son papa est toujours écartelé entre l’envie de savoir même si elle est morte et l’envie de continuer à espérer qu’elle ne le soit pas. Il faut que le mystère de sa disparition arrête de torturer ses proches."

Article original publié sur BFMTV.com