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Affaire Delphine Jubillar : pourquoi les investigations vont être relancées

Cédric Jubillar, mari de la disparue Delphine Jubillar, le 23 décembre 2020.
FRED SCHEIBER / AFP Cédric Jubillar, mari de la disparue Delphine Jubillar, le 23 décembre 2020.

JUSTICE - L’enquête va reprendre en raison de nouveaux éléments. La cour d’appel de Toulouse a ordonné ce jeudi 8 février un supplément d’information dans le dossier du meurtre de Delphine Jubillar dont est accusé son mari Cédric, sur la demande du parquet général en janvier dernier. Cette décision ouvre la voie à de nouvelles auditions.

Affaire Jubillar : ce que l’on sait de cet appel téléphonique entre un détenu et sa mère

« Estimant que les actes demandés présentent un intérêt, [la chambre de l’instruction] y fait donc droit et désigne pour y procéder les deux magistrats instructeurs du tribunal judiciaire de Toulouse initialement saisis », a précisé la cour d’appel.

Un échange téléphonique qui sème le doute

De fait, à la mi-janvier, le parquet avait été confronté à un nouvel élément dont il n’avait pas souhaité dévoiler la teneur. Selon nos confrères du Parisien et de La Dépêche du Midi, il s’agissait d’un appel entre un détenu et sa mère fin novembre dans la prison centrale de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées.

Au cours de cet échange, enregistré par les agents de l’administration pénitentiaire et retranscrit dans les colonnes du Parisien, le détenu affirme qu’« il n’y a pas de preuves » dans le procès Jubillar. Il ajoute, en parlant des enquêteurs : « Et Sofiane, et Sébastien, et Mathieu, ils ne les connaissent pas ! ». Ce à quoi sa mère répond : « Ah ! S’ils savaient… » Au moins deux de ces trois noms apparaissent dans le dossier Jubillar.

Procès décalé

Outre cet étrange coup de téléphone, un témoignage sur lequel des investigations supplémentaires seraient nécessaires avait été évoqué par l’un des avocats de Cédric Jubillar à l’issue de l’audience de la chambre de l’instruction sur la demande du parquet général, le 18 janvier.

La cour d’appel, en validant la demande de supplément d’information du parquet général, va désormais confier les vérifications de ces éléments aux juges d’instruction, ce qui pourrait prendre plusieurs mois. Ainsi, la date du procès aux assises de Cédric Jubillar, prévu pour l’heure fin 2024 ou début 2025, devrait de facto être décalée.

« C’est une décision qui va dans le sens de ce que nous disons depuis le début que nous allons vers un naufrage judiciaire », a déploré ce jeudi sur BFMTV Emmanuelle Franck, l’un des avocats de Cédric Jubillar.

Dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni témoin, ni scène de crime, le peintre plaquiste, aujourd’hui âgé de 36 ans et incarcéré depuis juin 2021, nie toute responsabilité.

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