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Affaire Daniel Alves : libération sous caution en vue pour le footballeur, condamné pour viol

Affaire Daniel Alves : libération sous caution en vue pour le footballeur, condamné pour viol

Condamné en première instance à quatre ans et demi de prison pour viol, le 22 février, après avoir passé plus d’une année en détention provisoire, Dani Alves a obtenu ce mercredi l'autorisation de la justice espagnole pour une remise en liberté.

Le maintien en détention provisoire de l’ancien défenseur, âgé de 40 ans, dans l’attente de son procès en appel, «peut être évité en échange du paiement d’une caution d’un million d’euros», a annoncé dans un communiqué le tribunal de Barcelone, qui précise qu’en cas de libération, la justice confisquerait également les «deux passeports, espagnol et brésilien» de l’intéressé.

L'avocate de la victime outrée

Celui-ci, en outre, a l’interdiction «de s’approcher de la plaignante à une distance d’au moins 1 000 mètres de son domicile, de son lieu de travail et de tout autre lieu fréquenté par la plaignante, ainsi que de communiquer avec elle par quelque moyen». «C’est un scandale qu’on laisse en liberté une personne alors qu’on sait qu’il peut rassembler le million d’euros en un rien de temps», fustige ce mercredi Me Ester García.

Passé par le Paris Saint-Germain et la Juventus de Turin, mais surtout par le FC Barcelone où il a joué l’essentiel de sa carrière, Dani Alves figure parmi les joueurs les plus titrés de l’histoire du ballon rond. Il avait été arrêté au début de l’année 2023, après la plainte d’une jeune fille qui l’accusait de l’avoir violée dans les toilettes d’une boîte de nuit de la capitale de la Catalogne, dans la nuit du 30 au 31 décembre 2022. Au moment des faits, le Brésilien, en fin de carrière, porte les couleurs du club mexicain des Pumas (qui l’a limogé dès la médiatisation de l’affaire). De retour de la Coupe du monde au Qatar, il passe quelques jours de vacances en Espagne.

Risque de fuite important, selon le parquet

Lors du procès, début février, le prévenu avait rejeté les dires de la plaignante, assurant que la relation sexuelle était consentie - pendant la procédure, il avait changé plusieurs fois de versions, allant jusqu’à nier qu’un rapport sexuel avait eu lieu. Mais le tribunal avait estimé que «la victime n’était pas consentante et [qu’il] existe des éléments de preuve qui, au-delà du témoignage de la plaignante, permettent de considérer le viol comme prouvé». Et d’insister : «Le tribunal considère comme prouvé le fait que l’accusé a brusquement saisi la plaignante, l’a jetée au sol et l’a pénétrée vaginalement, en évitant qu’elle ne bouge, alors que la plaignante disait non et qu’elle voulait s’en aller.» Le parquet avait requis une peine de neuf ans d’incarcération.

À la barre

Durant une brève session à huis clos, ce mardi, le ministère public a exprimé son désaccord avec la demande de libération sous caution, estimant que le risque de fuite était important. L’avocate de Daniel Alves, Me Inès Guardiola, a plaidé que son client avait déjà purgé un quart de la peine prononcée contre lui en février et a assuré qu’il ne chercherait pas à s’enfuir. La défense a proposé le dépôt d’une caution de 50 000 euros. Le Brésilien, qui comparaissait par vidéoconférence depuis la prison de Barcelone où il est détenu, a promis aux juges qu’il ne prendrait pas la fuite s’il obtenait gain de cause.