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Adhésion de l'Ukraine à l'UE: Kiev met en garde sur les "conséquences dévastatrices" d'un désaccord

L'épineuse question de l'élargissement européen. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrel, a appelé ce lundi 11 décembre les Vingt-Sept à rester unis dans leur soutien à Kiev dans le cadre de la guerre qui l'oppose à la Russie, alors que la Hongrie s'y oppose ainsi qu'à toute nouvelle aide militaire à l'Ukraine.

"J'espère que l'unité de l'Union européenne ne sera pas brisée, car ce n'est pas le moment d'affaiblir notre soutien à l'Ukraine", a déclaré Josep Borrell à son arrivée à Bruxelles pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

"Nous avons fait notre part du travail"

En parallèle, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a mis en garde lundi contre les "conséquences dévastatrices" qu'aurait une absence de consensus des Vingt-Sept sur l'ouverture de négociations d'adhésion de son pays à l'UE.

"Je ne peux pas imaginer, je ne veux même pas envisager de parler des conséquences dévastatrices qui se produiraient si le Conseil européen (les 27) échouait à prendre une décision, non seulement pour l'Ukraine mais aussi pour l'élargissement" de l'UE, a-t-il déclaré à son arrivée à Bruxelles.

"Nous avons fait notre part du travail. Nous attendons de l'Union européenne qu'elle fasse la sienne", a-t-il poursuivi, à trois jours d'un sommet crucial au cours duquel les dirigeants des 27 doivent se prononcer sur le lancement des négociations d'adhésion de l'Ukraine.

"Vous ne pouvez aller contre le sens de l'Histoire", a-t-il poursuivi. "L'Ukraine deviendra un membre de l'UE. La seule question est de savoir si quelqu'un ralentira le processus - ce qui aura un coût - ou si nous arriverons à avancer sans heurts".

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban reste jusqu'ici inflexible dans son opposition à l'ouverture de ce processus.

"Sens de l'histoire"

L'élargissement de l'UE et l'adhésion ukrainienne sont voulus par une large majorité des dirigeants de continentaux. "Je pense qu’il y a en fait un large consensus à ce sujet", confirme, dans les colonnes du Parisien, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Ma conviction très ferme et celle de nombreux leaders européens est que l’adhésion de l’Ukraine va dans le sens de l’Histoire. [...] Les Ukrainiens ont entrepris des réformes profondes et renforcent leur démocratie car c’est l’avenir qu’ils ont choisi", dit-elle.

En revanche, Ursula von der Leyen tiens à le préciser, l'adhésion "prendra du temps quoi qu'il arrive." La Commission européenne a préconisé en novembre l'ouverture de négociations d'adhésion à l'UE avec l'Ukraine, comme avec la Moldavie, deux pays qui ont obtenu le statut de candidat à l'UE en juin 2022, quelques mois après le déclenchement de la guerre par Moscou.

L'exécutif européen a aussi proposé d'allouer une aide de 50 milliards d'euros jusqu'en 2027 à l'Ukraine, dans le cadre d'une révision à mi-parcours du budget à long terme de l'UE.

Article original publié sur BFMTV.com