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970 millions d'électeurs appelés aux urnes: en Inde, des législatives hors normes à partir du 19 avril

Dans un peu plus d'un mois débutera le plus grand exercice démocratique au monde. Les Indiens sont appelés aux urnes à partir du 19 avril prochain et le scrutin s'étalera jusqu'au 1er juin, a annoncé samedi 16 mars le président de la commission électorale, Rajiv Kumar, lors d'une conférence de presse.

Les résultats, qui seront recensés sur tout le pays le 4 juin, devraient être annoncés dans la foulée. Ils pourraient être synonymes de troisième mandat consécutif pour le Premier ministre Narendra Modi.

970 millions d'électeurs appelés aux urnes

Rajiv Kumar le soulignait au début du mois, les élections législatives en Inde constituent "le plus grand exercice logistique en temps de paix au monde". Pays le plus peuplé de la planète avec environ 1,4 milliard d'habitants, l'Inde est le théâtre tous les cinq ans de cette opération hors normes.

Tous les citoyens indiens âgés de plus de 18 ans ont le droit de voter. Au total, ce sont donc 970 millions de personnes qui sont appelées à élire les 543 députés. C'est plus que les populations des États-Unis, de l'Union européenne et de la Russie réunies.

Bien que tous les électeurs potentiels ne se déplacent pas dans les bureaux de vote, ces législatives devraient voir des centaines de millions de personnes se mobiliser. En 2019, lors du dernier scrutin, le taux de participation avait dépassé 67% et près de 615 millions de voix avaient été exprimées.

C'est notamment pour faciliter la tâche des organisateurs des élections que les législatives sont étalées sur six semaines. La météo locale, les fêtes religieuses, les récoltes agricoles et les horaires scolaires sont également pris en compte pour garantir à tous les Indiens qu'ils puissent prendre part au vote.

Plus d'un million de bureaux de vote ouverts

Pour ces élections législatives, 15 millions d'agents électoraux seront mobilisés et 1,05 million de bureaux de vote seront ouverts, les lois électorales exigeant que chaque électeur ne vive pas éloigné de plus de deux kilomètres d'un isoloir.

Une obligation qui avait conduit à une scène insolite il y a cinq ans: un isoloir avait dû être installé pour un électeur qui vivait au coeur d'une forêt de l'État du Gujarat, à l'ouest du pays.

L'Inde fait partie des pays ayant recours au vote sur machine électronique, ce qui permet de gagner du temps, notamment pour le dépouillement, mais des bulletins de vote traditionnels continuent en parallèle à être utilisés.

Pour s'assurer que chaque électeur puisse exercer son droit, des fonctionnaires devront acheminer ces bulletins par tous les moyens possibles, que ce soit à dos de chameau, de mulet et ou de yak en fonction des régions. Dans les régions au passé insurrectionnel, ils pourraient être parfois accompagnés par des forces de sécurité.

Un troisième mandat probable pour Narendra Modi

Premier ministre depuis 2014 et vainqueur des deux dernières élections législatives, Narendra Modi et son parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP) sont les grands favoris du scrutin.

Après dix années au pouvoir, Modi jouit toujours d'une popularité intacte auprès des Indiens. Selon une enquête Pew publiée l'an dernier, il bénéficiait de 80% d'opinions favorables et un sondage réalisé par Yougov le mois dernier auprès des électeurs urbains créditait le BJP de 47% des voix.

L'opposition a été handicapée par des luttes intestines mais aussi, selon les défenseurs des droits, par des enquêtes judiciaires à caractère politique visant à entraver tout adversaire du Bharatiya Janata (BJP).

Si la victoire du BJP ne fait guère de doute, les spéculations portent sur son ampleur. Les dirigeants du parti assurent publiquement qu'ils remporteront une majorité des deux tiers à la chambre basse.

Un tel résultat permettrait au parti de modifier la constitution laïque de l'Inde à sa guise et de poursuivre de vieux projets idéologiques comme celui controversé du code civil visant à uniformiser une multitude de lois dont celles sur le mariage et le divorce qui diffèrent selon les minorités religieuses, notamment musulmane et sikh.

Article original publié sur BFMTV.com