"5 candidats arbitrés par 150.000 personnes" : Edouard Philippe se paie le congrès des LR

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A quelques jours du congrès LR, Edouard Philippe se rappelle au bon souvenir de ses anciens camarades en jetant un regard sévère sur l'évolution de son ancien parti.

Les Républicains apprécieront. A moins de dix jours du congrès de la droite qui va désigner son candidat pour 2022, Édouard Philippe, qui a passé plus de 20 ans sur ces bancs, sort la sulfateuse dans une interview au Figaro

A commencer par l'immigration. Alors que les candidats LR ont multiplié les propositions sur le sujet - de la création d'un "Guantanamo à la française" d'Éric Ciotti au moratoire sur l'immigration de Michel Barnier-, le maire du Havre ne partage pas leur stratégie.

"Ne pas réduire tout le débat public" à l'immigration 

"Que l'immigration et la sécurité soient des sujets sérieux et suscitent une forme d'inquiétude ou de peur, c'est évident. De là à réduire tout le débat public à ces sujets, je m'y refuse", explique ainsi l'ancien chef du gouvernement.

Édouard Phillippe estime encore "extravagant" (...) cette capacité de LR à présenter une succession de mesures qui s'appliqueraient de façon immédiate, sans regarder ni le temps long ni le contexte international".

L'organisation du congrès des LR du 1er au 4 décembre ne trouve pas non plus grâce aux yeux de l'ancien secrétaire général de l'UMP.

"Il y a 5 ans, on faisait trancher des choix programmatiques par plus de 4 millions d'électeurs (...) Aujourd'hui, il y a cinq candidats qui veulent faire arbitrer leurs ambitions par 150.000 personnes", ajoute celui qui soutenait alors Alain Juppé, éliminé face à François Fillon au second tour de la primaire en 2016.

Bertrand, cible de ses critiques 

Et de cibler le leader des sondages à droite, Xavier Bertrand. "Quand Xavier Bertrand a annoncé qu'il quittait irrévocablement LR, c'était parcer que la ligne politique (...) lui était insupportable (...) Il est revenu à LR de façon tout aussi irrévocable. Est-ce que la ligne a changé? (...) Il s'est rangé", attaque l'ancien Premier ministre.

Pour Mathieu Croissandeau, éditorialiste politique pour BFMTV, le timing de cette charge de celui qui s'est rangé derrière le président sortant n'est pas anodin.

"On veut discréditer la droite dans les rangs de la macronie", analyse-t-il.

"Un candidat de droite serait plus compliqué pour Emmanuel Macron. Si c'est Zemmour ou Le Pen au second tour, la victoire serait plus facile. Il y a une vraie offensive dans les rangs de la majorité contre les LR. Darmanin dans les colonnes du Parisien la semaine dernière, une pétition des élus locaux de droite dans le Journal du dimanche ce week-end qui affichent leur soutien à Macron et maintenant cette interview", poursuit-il.

"Illusoire de penser qu'une victoire à la présidentielle amènerait à une victoire aux législatives"

Au rayon des coups de griffe, Edouard Philippe n'oublie pas le lancement de la maison commune de la macronie le 29 novembre prochain qui réunira sous une même bannière son parti, Horizons, lancé en octobre dernier, le Modem et la République en marche.

Peu enthousiaste sur cette démarche, et alors qu'elle est vue notamment par François Bayrou comme une façon de peser dans l'attribution des circonscriptions gagnables en 2022, le politique estime qu'elle n'a "pas vocation à délivrer des investitures".

"Il serait illusoire de penser qu'en 2022, une victoire à la présidentielle conduirait mécaniquement à une victoire aux législatives".

Comprendre: en cas de réélection du président de la République, il aura bien besoin d'Horizons pour pouvoir composer une majorité présidentielle. 

Enfin, le maire du Havre estime peu probable la victoire d'Éric Zemmour. "Je ne vois pas les Français confier le destin du pays à quelqu’un qui est le nouveau visage de vieux instincts."

Edouard Philippe domine toujours le classement des personnalités. Avec 46 % d'image positive, l'ex-Premier ministre reste la personnalité politique préférée des Français d'après les résultats de l'observatoire politique réalisé par Elabe pour Les Echos et Radio classique.

Article original publié sur BFMTV.com

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