2022, l’année la plus meurtrière pour les Palestiniens depuis près de vingt ans

PHOTO JAAFAR ASHTIYEH/AFP

En 2022, 144 Palestiniens ont été tués par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie, sans compter Jérusalem-Est, selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, rapporte le journal israélien Ha’Aretz.

C’est le nombre le plus élevé enregistré depuis la fin de la seconde Intifada (2000-2005). L’ONU, elle, a recensé début décembre plus de 150 Palestiniens tués lors d’affrontements ou de raids dans ce territoire palestinien.

Ces derniers mois, la Cisjordanie, occupée depuis 1967 par l’État hébreu, où vivent près de 3 millions de Palestiniens et près de 500 000 colons israéliens, a été régulièrement le théâtre de raids de Tsahal ou d’affrontements avec des Palestiniens.

L’armée israélienne a mené de très nombreuses opérations dans les secteurs de Jénine et de Naplouse, bastions des factions palestiniennes armées.

Règles d’engagement fluctuantes

Pour expliquer ces chiffres, l’armée israélienne affirme que “la majorité de ceux qui ont été tués étaient armés”. Cependant, selon Ha’Aretz, qui se fonde sur des rapports de Tsahal “publiés en temps réel”, le profil des personnes tuées n’est spécifié que dans 45 % des cas.

Pour le quotidien israélien de centre gauche, nombre de ces 144 Palestiniens ont été en réalité les victimes des “règles d’engagement de l’armée” israélienne. Ha’Aretz cite l’exemple de Rafik Ghanem, un Palestinien de 20 ans tué le 6 juillet par un tir d’un soldat israélien à Jaba’, une localité située entre Jénine et Naplouse.

Alors que les règles d’engagement de Tsahal prévoient que pour arrêter un suspect, le soldat doit crier, effectuer des tirs en l’air avant de tirer dans le bas du corps, Rafik a reçu une balle sur le haut du corps.

La police militaire a mené une enquête après la mort de Ghanem, dont les résultats ont été communiqués à l’avocat général de l’armée, qui décidera des poursuites.

Sur les 144 dossiers de Palestiniens tués en 2022, 33 enquêtes ont été ouvertes. Seul un dossier a mené à des poursuites, celui d’un Palestinien de 80 ans, détenant également la nationalité américaine, mort d’une crise cardiaque après avoir été arrêté et ligoté pendant des heures.

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