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1er mai : Repenser le rapport au travail, c’est finalement tout ce qui compte !

Derrière la mobilisation contre la réforme des retraites, les Français veulent aussi transformer le rapport au travail.
Derrière la mobilisation contre la réforme des retraites, les Français veulent aussi transformer le rapport au travail.

TRAVAIL - « Il aurait fallu parler du travail ». Que n’a-t-on entendu cette formule lors du long et douloureux débat sur la réforme des retraites, de la part des membres de l’exécutif. Le « Travail », qui recouvre bien des réalités, des idées, voire des idéologies, est au cœur de la vie quotidienne des Français qui souhaitent surtout… sa transformation.

C’est le résultat du sondage YouGov exclusif que nous publions ce 1er mai, à l’occasion de ce dossier spécial consacré aux Français et à leur rapport au travail. Avec un enseignement principal : 75 % d’entre eux, et jusqu’à 82 % chez les plus de 18-34 ans, souhaitent la semaine de quatre jours.

1er mai : 75 % des Français sont favorables à la semaine de 4 jours - SONDAGE EXCLUSIF

Ils suivent en cela les recommandations de Benoît Hamon, ancien ministre, à qui nous avons demandé de se pencher sur la question. Dans une tribune, l’ex-candidat à la présidentielle, premier à avoir mis sur la table l’idée d’un revenu universel, plaide résolument pour poursuivre « la réduction historique du temps de travail ».

Il faut poursuivre l’œuvre historique de réduction du temps de travail

Un débat qui devrait s’imposer dans les prochaines années, alors qu’au Royaume-Uni, une expérimentation a déjà été menée sur la semaine de quatre jours avec succès. Réduction du stress et des arrêts maladies… La plupart des entreprises qui l’ont testée l’ont adoptée.

En France aussi, les employeurs et salariés qui expérimentent ce nouveau rythme de travail semblent convaincus. « Les gens travaillent mieux, sont plus épanouis et plus impliqués », nous a dit Abdénour Aïn-Seba, patron d’IT Partner, une entreprise de plus de 80 salariés.

La semaine de 4 jours, idéale pour tous ? Ce que les témoignages de ceux qui l’ont testée nous apprennent

Car derrière la réforme des retraites, c’est bien ce que les Français attendent : de nouveaux rythmes, une meilleure prise en compte de leur vie familiale, une quête de sens, plus de prévention contre les burn-outs ou le manque de déconnexion. La sociologue Danièle Linhart ne s’y trompe pas. Pour elle, les manifestations de ces derniers mois représentent « la reconquête d’un certain pouvoir, le pouvoir d’agir et d’être entendu, qui a été perdu dans le monde du travail, [...] où les sentiments qui dominent sont la solitude et l’impuissance ».

La directrice de recherche émérite au CNRS, autrice de L’insoutenable subordination des salariés (éditions Eres, 2021), souligne malgré tout l’importance que les Français accordent à leur travail, domaine dans lequel beaucoup « mettent leur honneur ».

1er mai : « La réalité du monde du travail, c’est un grand sentiment de solitude et d’impuissance »

Notre enquête confirme ce rapport aigre-doux. Si 65 % des interrogés estiment être « heureux » au travail et 76 % trouvent que leur travail « a du sens », ils sont près d’un sur deux (45 %) à avoir songé à démissionner au cours des douze derniers mois. Un chiffre qui s’aggrave chez les employés et ouvriers, avec 48 %.

1er mai : La relation aigre-douce des Français avec leur travail - Sondage exclusif

Le phénomène du « big quit » observé aux États-Unis et symbolisé par le tube de Beyoncé « Break my soul », en hommage à cette « grande démission », ferait-il des petits jusque chez nous ? On serait plutôt dans le « quiet quitting », une lente prise de distance vis-à-vis du travail.

On observe en tout cas l’émergence de tendances, notamment chez les plus jeunes, comme la revendication du droit à la paresse ou la valorisation des périodes de chômage. Sur les réseaux sociaux, de plus en plus de comptes illustrent cette nouvelle flemmardise revendiquée. Leur succès est visible sur TikTok, où Thomas Caloone, 24 ans, qui se décrit comme « chômeur professionnel », livre des conseils pour rejoindre « le FC chômage » à ses plus de 60 000 abonnés. « On ne veut plus travailler pour travailler » résume-t-il au HuffPost.

Qu’est-ce que les comptes « pro-chômage » sur TikTok disent de notre rapport au travail ?

La réforme des retraites aurait-elle eu une autre saveur pour les Français, si les pouvoirs publics avaient pris en compte « le manque de sens » que la jeunesse déplore dans les cortèges, les marches pour le climat et jusque dans… les grandes écoles ? À HEC, où nous sommes allés en reportage fin avril, certains étudiants se battent pour s’opposer aux projets polluants de TotalEnergies et déplorent un enseignement qui ne ferait que du « saupoudrage » sur la transition énergétique, au lieu de prendre à bras-le-corps le combat du siècle.

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