1er-Mai : le renseignement s'attend à un "regain de mobilisation et de violence"

Frederick FLORIN © 2019 AFP

Entre 500 et 650 000 personnes sont attendues partout en France sur les quelque 300 rassemblements prévus à l'occasion du 1er-Mai. Les autorités craignent des violences à Rennes, Nantes ou au Havre.

Un "1er-Mai historique" annoncé par les syndicats qui, exceptionnellement, manifesteront unis sous une bannière intersyndicale lundi prochain. Derrière eux, ce sont entre 500 et 650 000 personnes qui sont attendues partout en France par les services du renseignement, dans un pays toujours mobilisés contre la réforme des retraites adoptée après l'utilisation par le gouvernement de l'article 49.3.

Si le renseignement constate, dans un note que BFMTV a pu consulter, un ralentissement du soutien à la pétition mise en ligne au nom de l'intersyndicale pour réclamer l'abandon de la réforme et une perte de vitesse du mot-clé #PasDeRetraitPasDeJO" sur les réseaux sociaux, il n'en demeure pas moins que cette traditionnelle "Journée du travail" pourrait connaître "un regain de mobilisation et de violence".

300 rassemblements partout en France

"Casserolades", les "100 jours de colère", en opposition aux "100 jours d'apaisement" proposés par le président de la République, quelque 300 rassemblements sont prévus pour ce 1er mai 2023. Un nombre quasiment équivalent à l'an dernier mais seulement 116 500 personnes avaient manifesté, selon le ministère de l'Intérieur, plus de 210 000 selon la CGT. À Paris, le cortège avait rassemblé 24 000 manifestants. Les autorités s'attendent cette fois-ci à voir défiler 80 à 100 000 personnes dans les rues de la capitale.

En province aussi la mobilisation attendue est importante, avec 22 500 personnes à Caen, 12 000 à Toulouse, 10 000 à Marseille, 6 000 à Bordeaux ou Montpellier ou encore 20 500 à Nantes. De nombreux cortèges dans de nombreuses petites et moyennes villes composés d'un public divers, de syndicats, de salariés du privé, d'étudiants mais aussi de contestataires. "La mouvance contestataire radicale dans son ensemble" est attendue "déterminée et offensive" contre la réforme des retraites.

"La mobilisation sera inédite et exceptionnelle, a prévenu ce mercredi Sophie Binet, la leader de la CGT sur RTL. Ca sera familial ,populaire, festif."

Face à l'inquiétude affichée des autorités, elle assure que "dans les cortèges syndicaux, il n'y a rien à craindre, la sécu est toujours assurée", appelant ainsi à une mobilisation massive.

La crainte de violences à Nantes ou Rennes

Selon les services de renseignement, les forces syndicales se présenteront avec "un sentiment de rancune" à l'encontre du gouvernement et du président. D'après ce même document, la manifestation sera teintée d'un fort esprit de rejet contre les forces de l'ordre et contre les méthodes de gouvernance considérée comme "antidémocratique, violente et méprisante".

À Paris comme en province, des violences pourraient émailler les cortèges. Dans la capitale, où la manifestation partira de la place de la République, 1 000 à 2 000 "éléments à risque" pourraient s'intégrer dans le pré-cortège, parmi lesquels 200 à 400 militants de l'ultra-gauche dont des étrangers et 100 à 200 gilets jaunes radicalisés.

Ils sont, selon le renseignement, "susceptibles d'entrainer dans leur sillage des manifestants au profil hétéroclite (...) peu aguerris à la commission d'exactions, mais aussi des syndicalistes radicaux et un certain nombre de casseurs opportunistes".

En province, les risques de violences sont "très élevés" dans de nombreuses villes comme Toulouse, Dijon, Strasbourg, Marseille, Nantes ou Rennes. Ces deux dernières villes ont notamment été le théâtre d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre lors des dernières journées d'action. À Nantes, par exemple, sont attendues 350 personnes "de plus en plus déterminées" pouvant provoquer des "violences", estime le renseignement. À Rennes, "de forts risques de troubles à l'ordre public sont prévus", indiquent encore les autorités dans leur note.

À Lyon, la présence de 500 à 800 personnes radicalisées, comme des gilets jaunes radicalisés, des membres de l'ultra-gauche ou des étudiants vindicatifs, font anticiper des risques de violences. Idem au Havre, où des violences sont redoutées par le renseignement si des manifestants s'approchent du Carré des Docks où se tiendra un rassemblement organisé par le Rassemblement national.

Article original publié sur BFMTV.com

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