Des étudiants "quasi-débiles" et "fraudeurs": polémique à Brest après les propos d'un enseignant

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Un amphithéâtre universitaire à Caen, en 2014. (Photo d'illustration) - Mychèle Daniau - AFP
Un amphithéâtre universitaire à Caen, en 2014. (Photo d'illustration) - Mychèle Daniau - AFP

Des étudiants "quasi-débiles", "fraudeurs", "médiocres"... Un enseignant de l'Université de Bretagne Occidentale (UBO) a créé la polémique en utilisant ces termes dans un courrier interne que l'AFP s'est procuré ce mercredi, et qui visait à dénoncer les coupes dans l'offre de formation.

Dans un courriel adressé la semaine dernière à des personnels de l'UBO, ce maître de conférences en droit, économie et gestion regrette que l'établissement soit "en train de devenir une université de 'seconde zone', notamment en opérant des coupes sombres dans son offre de formation".

"L'UBO devient une université de seconde zone"

"Passons également sur la crédibilité de notre université qui 'amnistie' de nombreux étudiants ayant fraudé aux examens en distanciel de l'année universitaire 2020-2021", poursuit-il en faisant état de "fraudes de masse".

"L'UBO, non seulement devient une université de seconde zone, mais va aussi devenir un repère de lycéens qui, après avoir obtenu le bac Covid automatiquement en 2019 et quasi-automatiquement en 2020 (chouette auditorat, de quasi-débiles pour certains qui ne savent pas comprendre le sens d'un texte simple et ânonnent en lisant), peuvent se dire : 'on aura toujours l'UBO au cas où on ne serait pas pris ailleurs'", regrette encore l'enseignant.

Des propos "d'une extrême violence"

"Ces propos sont une honte, ils sont d'une extrême violence et condescendance vis-à-vis des étudiant.e.s et également contre l'ensemble des enseignant.e.s et personnels qui s'investissent dans nos formations", a dénoncé le syndicat étudiant Une alternative pour l'UBO sur les réseaux sociaux, disant attendre de l'université qu'elle dénonce publiquement ces propos et sanctionne l'enseignant.

La Commission formation et vie universitaire (CFVU) de l'UBO a souligné mardi "l'engagement plein et entier de toute la communauté universitaire pour la qualité des formations dispensées", rappelant "l'investissement et la qualité du travail des étudiant.e.s" et rejetant "les stigmatisations et les dénigrements quels qu'ils soient".

Une procédure "toujours en cours"

La position de cette instance compétente pour l'ensemble des formations délivrées par l'établissement "est celle de l'Université de Bretagne Occidentale", indique l'établissement dans un communiqué. Concernant d'éventuelles sanctions, la direction de l'UBO a fait savoir à l'AFP que "la procédure est toujours en cours".

Selon le syndicat Snesup de l'UBO, l'université a décidé le 17 juin 2021 d'opérer des coupes drastiques dans son offre de formation. Dans un entretien dans les colonnes du Télégramme, le maître de conférences assume "totalement" ses propos et dénonce à nouveau le "niveau catastrophique" des élèves.

Article original publié sur BFMTV.com

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