Une étude américaine évoque une centaine d'Ukrainiens disparus à Kherson lors de l'occupation russe

Une étude américaine évoque une centaine d'Ukrainiens disparus à Kherson lors de l'occupation russe
Des soldats russes patrouillant dans la ville de Kherson le 20 mai 2022 - OLGA MALTSEVA / AFP
Des soldats russes patrouillant dans la ville de Kherson le 20 mai 2022 - OLGA MALTSEVA / AFP

Plus d'une centaine d'Ukrainiens ont été détenus puis ont disparu à Kherson, ville du sud de l'Ukraine, lors de l'occupation russe, dans ce qui apparaît comme une campagne planifiée, selon une étude de l'université américaine Yale publiée vendredi.

Le Conflict Observatory, un groupe de recherche du département de santé publique de l'université Yale dont le travail est soutenu par le département d'Etat américain, a recensé 226 détentions extrajudiciaires et disparitions forcées à Kherson.

Des actes de torture et des morts en détention

La moitié des personnes emprisonnées "ne semblent pas avoir été libérées", selon le rapport, qui souligne que leur sort est peu clair depuis le retrait des forces russes de Kherson le 11 novembre.

Un quart des 226 personnes concernées auraient fait l'objet de tortures et quatre sont mortes en détention ou peu après.

La majorité de ces actes ont été perpétrés par l'armée russe et les services de sécurité russe (FSB), selon l'étude.

Les détenus et les disparus étaient principalement des hommes en âge de servir dans l'armée, notamment des fonctionnaires, de figures de la société civile, des professeurs, des policiers et des journalistes, d'après cette source.

"Ces résultats donnent du crédit à une série d'allégations alarmantes sur le traitement des détenus, notamment des morts en détentions, l'usage généralisé de la torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants, le pillage des personnes emprisonnées et des violences sexuelles et genrées", affirme l'étude.

Une campagne "préméditée"

Les chercheurs expliquent aussi que le profil des prisonniers dénote une campagne "préméditée".

Selon certaines sources consultées pour cette étude, les Russes sont arrivés avec des listes de noms et des numéros de plaques d'immatriculation, ciblant les personnes qui pourraient résister à leur occupation.

Les Tartars de Crimée ont notamment été pris pour cible, beaucoup étant accusés par les Russes d'appartenir à des groupes tartars "terroristes", d'après le rapport.

"Cette étude montre que les forces russes doivent être tenues pour responsables des crimes qu'elles sont accusées d'avoir commis à Kherson", affirment les universitaires.

Article original publié sur BFMTV.com