États-Unis: pourquoi l'élection en Virginie est-elle si importante pour Joe Biden?

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Un bureau de vote en Virginie ce mardi 2 novembre 2021  - WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Un bureau de vote en Virginie ce mardi 2 novembre 2021 - WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

A bien des égards, l'élection du nouveau gouverneur de Virginie est déjà capitale pour Joe Biden. Ce mardi, près d'un an après la victoire du démocrate face à Donald Trump, les électeurs de cet État de l'Est du pays doivent se rendre aux urnes alors que la conjoncture est très défavorable pour l'homme fort de la Maison Blanche.

Depuis maintenant plusieurs semaines, la cote de popularité de Joe Biden ne cesse de baisser, d'ultimes travaux de Rasmussen Reports soulignant que 48% des sondés désapprouvent l'action de Joe Biden à la tête du pays contre seulement 42% qui sont en accord avec le démocrate. En début d'année, cette tendance était inversée avec selon la même enquête 38% d'avis défavorables.

De plus, Joe Biden subit actuellement une séquence politique extrêmement tendue. En marge de son discours à la COP26, le chef d'État ne parvient pas à faire passer ses deux projets colossaux, dont celui nommé "Build Back Better", pierre angulaire de son programme de 2020. Soumis à une majorité démocrate restreinte au Congrès, Joe Biden doit composer avec les luttes intestines au sein de sa majorité, qui immobilisent temporairement la ratification.

Scrutin serré

Pour ce qui est de la Virginie, le scrutin s'y annonce extrêmement serré. Si l'État s'est prononcé largement pour le président démocrate lors de l'élection présidentielle il y a un an, la popularité de Joe Biden s'est effritée depuis le chaotique retrait américain d'Afghanistan.

Au niveau local, la large avance de Terry McAuliffe, 64 ans, et ancien gouverneur entre 2014 et 2018 de cet Etat voisin de la capitale fédérale, a aussi fondu face à son adversaire républicain Glenn Youngkin, un homme d'affaires de 54 ans, et les sondages les donnent désormais au coude-à-coude. "Désormais, l'issue du scrutin dépend entièrement de la participation", a assuré le démocrate lundi dans un message aux électeurs démocrates, traditionnellement urbains.

"Les républicains sont à fond pour élire leur candidat, et avec Donald Trump qui fait campagne pour sa base d'extrémistes de droite à la veille de l'élection, Glenn Youngkin est sûr d'avoir une forte participation demain", a-t-il mis en garde.

Traditionnellement, la Virginie est réputée incarner une sorte de référendum autour du nouveau président américain puisque le vote se tient un an après l'élection présidentielle. Le vote constituerait donc ici un "bilan de santé" de l'année écoulée, souligne CNN, et la perte de la Virginie serait ainsi un désastre pour les démocrates, confirmant qu'une partie de l'électorat de 2020 les a abandonné.

L'influence de Trump

Alors, afin de l'emporter, Glenn Youngkin souhaite capitaliser sur sa popularité auprès de l'électorat rural de cet Etat. Il est contre le port obligatoire du masque, l'obligation de vaccination pour les enfants ou pour certaines professions, et a investi le champ de bataille des programmes scolaires.

Il combat farouchement l'enseignement de "la théorie critique de la race", courant de pensée qui analyse le racisme comme un système plutôt qu'au niveau des préjugés individuels. Et il est accusé par son adversaire de chercher à bannir des écoles certains livres d'auteurs noirs, comme le classique de la littérature américaine, Beloved de Toni Morrison, ce que le républicain nie.

Dans un spot récent, Glenn Youngkin a mis en avant une mère de famille qui avait lancé une campagne visant à bannir ce livre des salles de classe de son comté, parce que certains passages violents avaient, selon elle, fait faire des cauchemars à son fils lycéen.

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Les démocrates sortent les poids lourds

Face à la menace, le camp démocrate a sorti l'artillerie lourde. Signe de l'importance du scrutin, Joe Biden, sa vice-présidente Kamala Harris et l'ex-président Barack Obama ont, entre autres, participé à la campagne de Terry McAuliffe.

Le scrutin est aussi un test sur la faculté de Joe Biden à séduire la classe moyenne, censée être la principale bénéficiaire de ses grands plans d'investissements - l'un dans les infrastructures, l'autre sur un volet social et climatique - qui ambitionnent de transformer l'Amérique. Mais ces plans sont bloqués au Congrès, qui pourrait les voter mardi au plus tôt.

Le président doit aussi réussir à mobiliser les électeurs Afro-américains, dans cet Etat où le passé esclavagiste fait régulièrement l'objet de débats brûlants. Joe Biden avait pu s'appuyer sur eux pour accéder à la Maison Blanche, mais certains lui reprochent d'avoir perdu de vue ses grandes promesses sur l'accès des minorités au vote ou sur la réforme de la police.

Article original publié sur BFMTV.com

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