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États-Unis: pourquoi Donald Trump risque-t-il d'être arrêté et inculpé?

Donald Trump, ancien président des États-Unis, à Mar-a-Lago (Floride) le 8 novembre 2022. - BFMTV
Donald Trump, ancien président des États-Unis, à Mar-a-Lago (Floride) le 8 novembre 2022. - BFMTV

La possible inculpation de Donald Trump serait une première pour un ancien président américain. Accusé par la justice d'avoir versé un pot-de-vin à une actrice pornographique avec qui il aurait eu une liaison pour acheter son silence, il a assuré samedi qu'il allait être "arrêté" mardi et a appelé à des manifestations.

Après avoir eu une liaison avec une actrice et réalisatrice de films pornographiques, Stephanie Clifford, il lui aurait versé 130.000 dollars pour acheter son silence.

Les républicains vent debout

C'est son ancien avocat personnel Michael Cohen, devenu l'un de ses pires ennemis, qui s'était chargé d'effectuer le versement des 130.000 dollars à l'actrice pornographique pour qu'elle taise cette supposée relation de 2006 avec Donald Trump.

Déjà condamné dans cette affaire, Michael Cohen a témoigné au moins à deux reprises devant le grand jury dans cette enquête la semaine dernière. Vendredi, l'un des avocats de l'ex-président, Joseph Tacopina, avait indiqué à des médias que son client se "rendrait" à la justice new-yorkaise s'il devait être inculpé.

"L'idée d'inculper un ancien président des États-Unis est profondément troublante pour moi, comme pour des dizaines de millions d'Américains", a cependant déclaré l'ancien vice-président Mike Pence, cité par The Guardian.

Et le président républicain de la Chambre des représentants du Congrès, Kevin McCarthy, a dénoncé sur Twitter un "abus de pouvoir scandaleux par un procureur de district extrémiste qui laisse courir des criminels violents tout en poursuivant une vengeance politique contre le président Trump".

Fonds de campagne pour un pot-de-vin

Cette affaire de paiement est survenue juste avant la présidentielle de novembre 2016 remportée par le milliardaire républicain contre la démocrate Hillary Clinton. Donald Trump n'était alors pas encore président des États-Unis.

Il aurait utilisé des fonds de sa campagne présidentielle pour réaliser ce paiement, ce qui est considéré par le parquet de New York comme un don dissimulé, en violation des lois de financement électoral. L'enquête est quasiment terminée, Donald Trump pourrait donc bientôt être inculpé.

"Le candidat du parti républicain" à la primaire pour la présidentielle de 2024, "et ancien président des États-Unis d'Amérique va être arrêté mardi de la semaine prochaine", a lancé Donald Trump sur son réseau social Truth Social, parlant de lui à la troisième personne et écrivant en lettres majuscules.

Pour l'heure, personne n'a confirmé cette date de mardi avancée par Donald Trump. L'une de ses avocates, Susan Necheles, a indiqué à l'AFP que son client avait décidé de s'exprimer sur sa plateforme Truth Social "sur la base d'informations de presse" publiées depuis quelques jours sur une possible inculpation la semaine prochaine.

Convocation dans le bureau du procureur

"Comme il s'agit d'une poursuite politique, le bureau du procureur du district (de Manhattan, ndlr) a recours à des fuites à la presse plutôt que de communiquer avec les avocats du président Donald Trump comme cela devrait être le cas normalement", a dénoncé son conseil.

Toujours est-il qu'en cas d'inculpation, celle-ci ne se déroulera pas de manière classique: la police ne viendra pas chez lui pour l'emmener en prison. En raison de son statut d'ancien président, il sera convoqué dans le bureau du procureur, qui lui notifiera les charges qui pèsent contre lui, et il devrait, normalement, ressortir libre dans l'attente de son procès.

Les forces de l'ordre et les agences de sécurité locales et fédérales se préparent à l'éventualité de cette inculpation dès la semaine prochaine, expliquaient par ailleurs à la NBC plusieurs hauts fonctionnaires au fait de ces préparatifs vendredi, tout en précisant que ces planifications restaient préventives.

Les rumeurs sur cette éventuelle inculpation se sont multipliées depuis que Donald Trump a été invité à témoigner devant un grand jury - un panel de citoyens doté de larges pouvoirs d'enquête et chargé d'entériner une mise en examen.

Appel à manifester

Un signe possible de la volonté du parquet de poursuivre l'ancien président dans l'affaire dite "Stormy Daniels". Face à cela, Donald Trump se pose en victime et appelle ses partisans à manifester. "Manifestez, reprenez notre nation!", a-t-il écrit sur son réseau social.

"Il faut sauver l'Amérique, manifestez, manifestez, manifestez!!!", a réitéré Donald Trump sur son réseau social quelques heures plus tard.

Ces messages font écho à celui qu'il avait lancé fin 2020, convaincu qu'il s'était fait "voler" l'élection face à Joe Biden, pour que ses partisans manifestent à Washington le 6 janvier 2021, prélude à leur assaut contre le Capitole américain qui avait choqué l'Amérique et le monde.

Sur son réseau social, il a qualifié les services du procureur de Manhattan Alvin Bragg, un magistrat élu et démocrate, de "corrompus et très politiques".

Donald Trump a fait l'objet d'une première enquête criminelle à la fin des années 1970. La perspective d'une arrestation, qui devait donner lieu à la prise des empreintes digitales, l'a profondément angoissé, a déclaré une personne interrogée par le New York Times.

Donald Trump, en campagne pour la primaire républicaine en vue de la présidentielle de 2024, tiendra un meeting samedi prochain à Waco, au Texas. Et pour le milliardaire Elon Musk, qui a permis sa réintégration sur Twitter, si une arrestation se concrétisait, "Trump sera(it) réélu dans une victoire écrasante" en novembre 2024.

Article original publié sur BFMTV.com