Aux États-Unis, des parents accueillent des jumeaux issus d'embryons congelés il y a 30 ans

Aux États-Unis, des parents accueillent des jumeaux issus d'embryons congelés il y a 30 ans
Un embryon humain en éclosion (illustration).  - Marcel Mochet - AFP
Un embryon humain en éclosion (illustration). - Marcel Mochet - AFP

Leur naissance témoigne des grands progrès de la science. Trente ans après la congélation d'embryons, Lydia et Timothy Ridgeway sont nés le 31 octobre dernier rapporte CNN, reprenant l'annonce du National Embryo Donation Center aux États-Unis.

Si la méthode n'est pas nouvelle, il s'agirait cependant d'un record de durée de congélation amenant à une naissance. Le précédent exploit connu était celui de Molly Gibson, née en 2020 d'un embryon congelé depuis près de 27 ans.

"Il y a quelque chose d'époustouflant à ce sujet", a déclaré Philip Ridgeway, ses enfants sur les genoux, depuis sa maison située dans l'Oregon.

"J'avais 5 ans lorsque Dieu a donné la vie à Lydia et Timothy, et il a préservé cette vie depuis", a rappelé le père de famille.

"Dans un sens, ils sont nos plus vieux enfants, même s'ils sont nos plus petits enfants", a ajouté Philip Ridgeway. Avec sa femme, ils avaient déjà quatre autres bambins, âgés de 8, 6, 3 et presque 2 ans, aucun n'ayant été conçu par des donneurs.

Stockés sur de minuscules pailles

A l'époque, en 1992, les embryons ont été créés par fécondation in vitro (FIV) pour un couple marié anonyme. Le mari était âgé d'une cinquantaine d'années et ils ont eu recours à une donneuse d'ovules de 34 ans.
Pendant près de trois décennies, cinq embyrons ont été stockés sur de minuscules pailles, conservées dans de l'azote liquide à près de 200 degrés en dessous de zéro, dans un appareil qui ressemble à un réservoir de propane. Les embryons ont été conservés dans un laboratoire de fertilité de la côte ouest jusqu'en 2007, date à laquelle le couple qui les avait créés en a fait don au National Embryo Donation Center de Knoxville, dans le Tennessee, dans l'espoir qu'un autre couple puisse les utiliser.

En effet lorsque des gens subissent une FIV, ils peuvent produire plus d'embryons qu'ils n'en utilisent. Les embryons supplémentaires peuvent être cryoconservés pour une utilisation future, mais aussi donnés à la recherche.

Un long sommeil

Pour choisir leurs embryons, le couple Ridgeway est passé par une base de données. Cette plateforme énumère notamment les caractéristiques des donneurs telles que l'origine ethnique, l'âge, la taille, le poids, les antécédents génétiques et de santé, l'éducation, la profession, les films et la musique préférés.

Southeastern Fertility, qui s'associe au National Embryo Donation Center, a décongelé les embryons le 28 février. Sur les cinq qui ont été décongelés, deux n'étaient pas viables. Selon les experts, le taux de survie est d'environ 80% lors de la décongélation d'embryons congelés.

Les trois embryons restants ont été transférés à Rachel Ridgeway le 2 mars, soit 29 ans et 10 mois après leur congélation. Deux des transferts ont finalement réussi.

Le docteur Jim Toner, spécialiste de la fertilité à Atlanta, s'est montré rassurant sur l'espérance de vie de ces bébés.

"Il ne semble pas qu'un spermatozoïde, un ovule ou un embryon stocké dans de l'azote liquide connaisse le temps (...) Il se réveille juste 30 ans plus tard, et il n'a jamais su qu'il était endormi", a affirmé le spécialiste Jim Toner.

A sa naissance, Lydia pesait environ 2,3 kilos, Timothy 3 kilos.

Article original publié sur BFMTV.com