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Les États-Unis ne peuvent plus prétendre au rôle de leader de la démocratie

La statue de la Liberté se tient fière dans sa longue toge, brandissant son éternelle torche. Mais elle penche dangereusement sur le côté, et son socle a fondu. Présenter le symbole de l’Amérique dans une version vacillante, c’est le choix d’illustration du mensuel britannique Prospect pour son édition magazine de janvier-février, qui titre sur “La déliquescence de l’Amérique”.

Souvenez-vous quand les États-Unis sortaient vainqueurs de la guerre froide et promouvaient l’idéal d’un “leadership américain” capable de “défendre la démocratie sur la scène mondiale et d’en offrir le modèle”, débute l’historien et juriste Samuel Moyn, de l’université Yale. Comme tout cela semble loin, explique-t-il dans l’essai qui fait la une du magazine.

Deux guerres et un même déclin

Il y a déjà quelques années que “cette illusion démocratique” a du plomb dans l’aile, souligne l’auteur, qui retrace toutes ces fois où les États-Unis n’ont fait qu’“empirer la situation du monde” quand ils pensaient le sauver. Ils se sont retrouvés pris dans une série de “bourbiers militaires”, “que ce soit pour sauver des civils, comme dans le cas du changement de régime en Libye, en 2011, ou au nom de la légitime défense, comme dans la guerre contre le terrorisme” engagée après les attentats du 11 septembre 2001.

Mais ce sont surtout deux guerres récentes qui ont porté le coup (presque) fatal à l’ambition démocratique des États-Unis, lit-on dans Prospect. Les États-Unis avaient pourtant répondu présents au début de la guerre en Ukraine, en apportant une aide militaire massive aux Ukrainiens. Dans l’establishment de Washington, cette réponse à l’agression russe a même “ranimé les espoirs d’une restauration d’un monde sous leadership américain”. Mais par la suite, la guerre s’est embourbée, et les milliards d’aide déboursés par Washington n’ont pas permis de percée militaire.

Fautes sur le conflit à Gaza

Samuel Moyn s’attarde surtout le conflit en cours à Gaza, qui, en quelques semaines seulement, aurait “mis un terme au renouveau nostalgique de la quête de démocratie des États-Unis à l’échelle mondiale”. L’article retrace ainsi toutes les “fautes” du gouvernement américain depuis le 7 octobre 2023, jour de l’attaque du Hamas en Israël.

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