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États-Unis : ces avancées pour l’environnement que Trump prévoit d’annuler s’il revient au pouvoir

ENVIRONNEMENT - Une politique environnementale encore plus brutale. Lors de son premier passage à la Maison Blanche, Donald Trump avait largement affaibli la politique américaine de lutte contre le changement climatique et la pollution. Et alors qu’il est désormais bien campé dans la position de favori républicain pour l’élection présidentielle de novembre prochain, les contours de son projet en matière de politique environnementale paraissent encore plus aiguisés que par le passé.

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Ce n’est pourtant pas chose aisée : entre 2017 et 2021, Donald Trump a abrogé plus d’une centaine de réglementations de la politique climatique des États-Unis, deuxième plus gros pollueur mondial. Marche arrière sur la réduction des émissions de CO2 des centrales électriques, des voitures et des camions, suppression de plus de la moitié des zones humides protégées du pays, autorisation de projets pétroliers dans la réserve naturelle nationale de l’Arctique… Les exemples ne manquent pas.

Et pour son potentiel retour à la Maison Blanche, Donald Trump voit encore plus grand. La stratégie reste la même sur le fond : nier le changement climatique et aligner de fausses informations. Le mode opératoire s’annonce en revanche plus rapide, à l’image du « Projet 2025 », un document de 900 pages, qui dresse la feuille de route du favori républicain.

S’il ne s’agit pas du programme officiel de Donald Trump, qui assure par ailleurs ne se laisser influencer par aucun autre groupe que son propre parti, le document a été rédigé par plusieurs anciens conseillers officiels de l’ex-président. Ces derniers sont désormais experts au sein de la Heritage Foundation, un lobby déjà influent lors du précédent mandat de Trump. Au regard de ce document et des récentes déclarations du candidat républicain, voici ce qu’il faut retenir de sa future politique environnementale.

• Tout miser sur les énergies fossiles

Donald Trump l’a déjà martelé officiellement : le développement des énergies fossiles sera l’une de ses principales priorités s’il parvient à revenir aux affaires. Pour ce faire, le projet 2025 prévoit de remplacer le conseiller climatique de la Maison Blanche par un conseiller « énergie/environnement ».

Plus encore, il faudrait fermer les bureaux des énergies renouvelables du ministère de l’Énergie. Une mesure à laquelle Donald Trump semble plus que favorable, ayant lui-même récemment qualifié publiquement les énergies renouvelables d’« escroquerie », avant de marteler un de ses slogans favoris « Drill baby, drill »fore bébé, fore » dans la langue de Molière).

Au-delà de l’industrie, ce choix aurait un impact direct sur le quotidien des Américains. Donald Trump a par exemple assuré qu’il abrogerait, dès le premier jour de son nouveau mandat, « le bilan insensé de Joe Biden pour les véhicules électriques ». Plus clair encore, en décembre dernier, dans un message de Joyeux Noël posté sur son réseau Truth Social, Trump souhaitait aux adeptes de la voiture électrique, entre autres, de « rôtir en enfer ».

• Détricoter la politique de Joe Biden

Autre projet phare : Trump souhaiterait à nouveau sortir de l’accord de Paris, selon les informations rapportées par ses proches au Guardian. L’ex-président des États-Unis avait déjà fait sortir son pays de ce traité qui vise à limiter le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C. Un accord que Joe Biden avait finalement rejoint symboliquement à son arrivée au pouvoir.

Les Républicains attendent également la victoire de leur favori pour pouvoir faire marche arrière sur l’Inflation Reduction Act, une loi promulguée en août 2022, sous Joe Biden. Le vote de ce texte a permis de mobiliser 369 milliards de dollars pour soutenir l’industrie verte sur les dix prochaines années. Elle vise par exemple à créer des emplois dans les secteurs de l’énergie solaire, de l’énergie éolienne et de la fabrication de batteries.

• Étouffer le travail des scientifiques

Dans sa feuille de route « Projet 2025 », la Heritage Foundation propose de réduire considérablement le financement du bureau de justice environnementale de l’Agence de protection de l’environnement. Plus offensif encore, il prévoit que Donald Trump utilise un décret pour « remodeler le Programme américain de recherche sur le changement global (USGCRP) ».

Ce programme indépendant et financé par le gouvernement rassemble des centaines de scientifiques, qui produisent les évaluations nationales sur le climat. Ils dressent l’état des connaissances sur le changement climatique, et évaluent son impact sur les personnes et les écosystèmes. Leurs rapports ont servi de base depuis les années 1990 au vote des lois et des budgets environnementaux.

Ce projet de décret exigerait une « analyse critique » de la sixième évaluation nationale du climat, à paraître en 2026, et le rejet de tous les travaux scientifiques sur le changement climatique menés par l’administration Biden. « Dans une Maison Blanche de Trump, peu importe qu’il y ait un consensus scientifique écrasant sur le fait que les humains sont à l’origine du changement climatique et qu’il s’agit d’une crise à laquelle il faut s’attaquer », résume auprès de Politico, Don Wuebbles, chercheur en sciences atmosphériques qui a travaillé sur les précédentes évaluations du climat.

Don Wuebbles parle d’expérience. En 2018, le gouvernement Trump avait intentionnellement choisi de publier la quatrième évaluation nationale du climat le lendemain de Thanksgiving, noyant le travail des scientifiques parmi les actualités festives. Devant les conclusions de ce rapport, Donald Trump avait simplement déclaré : « Je n’y crois pas ». Deux ans plus tard, juste avant son départ de la Maison Blanche, l’ex-président avait ordonné le licenciement du directeur de l’USGCRP, sans même donner de motif.

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