Comment Éric Zemmour compte financer sa future campagne présidentielle

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Un livre qui a battu des records à sa sortie, un appel aux dons, des prêts d'hommes d'affaires... Le polémiste multiplie les sources de financement pour assurer sa probable campagne qu'il veut modeste.

Éric Zemmour a beau ressembler de plus en plus à un candidat à la présidentielle, il lui reste à résoudre l'épineux sujet des fonds nécessaires pour mener campagne. L'équation est loin d'être évidente sans le soutien d'un grand parti.

8 millions d'euros

"Ca coûte très cher quand on veut gagner une élection. Multiplier les meetings, les affiches, les déplacements d'une région à une autre, le staff de campagne qu'il faut rémunérer... Tout cela représente beaucoup d'argent. Il faut qu'il trouve 8 millions d'euros s'il veut pouvoir tenir le rythme", explique Laurent Neumann, éditorialiste politique pour BFMTV.

Lever des dons 

Pour récolter des fonds, les soutiens de l'écrivain déploient plusieurs leviers, à commencer par la recherche de dons.

"Il y a un engouement naturel des gens qui donnent directement sur notre site avec des montants autour de 20, 30, 40 ou 50 euros en général", explique Garen Shnorhokian, membre de l'association Les amis d'Éric Zemmour à notre micro.

"La loi sur le financement de la vie politique plafonne les dons à 7500 euros. Evidemment, on préfère communiquer sur les Français qui donnent 10 euros mais l'objectif est d'avoir un millier de personnes qui donnent directement le montant le plus important", décrypte Laurent Neumann.

S'appuyer sur les ventes de son livre 

Autre source de financement importante: les ventes du dernier livre de l'essayiste, La France n'a pas dit son dernier mot. Cette ressource est d'autant plus précieuse que la loi autorise les candidats à utiliser leurs propres fonds pour financer leur campagne. 

"Je vends beaucoup mon livre. Ne vous inquiétez pas pour mes finances", se borne toutefois à répondre Éric Zemmour au micro de BFMTV.

Et pour cause. Lorsqu'il était édité par Albin Michel, l'ancien chroniqueur télévisé touchait environ 2 euros par ouvrage. Désormais auto-édité, il va toucher une dizaine d'euros par livre. "On n'est pas loin des 2 millions d'euros dans sa poche puisque le livre s'est vendu à plus de 185.000 exemplaires", souligne Laurent Neumann. 

"Mais les candidats ne sont pas des philantropes. Leur argent personnel peut être une amorce, ça peut être une façon d'obtenir des prêts mais, en général, les candidats font en sorte que ça ne leur coûte rien", nuance le journaliste de BFMTV.

Des prêts qui viennent des milieux d'affaires

Les prêts que peuvent lui accorder de grandes fortunes françaises sont aussi un soutien précieux pour financer sa campagne. L'ex-journaliste aurait déjà bénéficié début octobre d'un prêt de 300.000 euros de Charles Gave, ancien soutien de Nicolas Dupont-Aignan et proche de la mouvance identitaire.

Le millionnaire, qui a fait fortune dans la finance, a toutefois attendu qu'il décolle dans les sondages pour participer financièrement à sa candidature. 

"Du côté d'Éric Zemmour, on essaie de créer un réseau, une connexion avec des personnes fortunées qui pourraient être un appui de poids dans cette campagne", explique d'ailleurs Marylou Magal, journaliste politique à L'Express.

Des banques qui pourraient rechigner

Enfin, le polémiste pourrait aussi compter sur des prêts bancaires. Alors que les banques rechignent à prêter aux "petits" candidats - le seuil de remboursement se fixant à 5% des voix-, ses scores dans les sondages devraient les rassurer.

Mais il reste un bémol. "Pour financer un candidat, il faut être certain que cela n'abîme pas la réputation d'une banque. C'est un problème pour Marine Le Pen qui a du mal à chaque campagne à se financer. Elles ne veulent pas associer leur nom à celui de la candidate du RN. Est-ce que les établissements bancaires accepteront de mêler leur image à celle de Zemmour, c'est toute la question. A priori, ça semble plus facile. Il est plus proche des milieux financiers et industriels que ne l'est Marine Le Pen", analyse Laurent Neumann. 

Une campagne modeste

Enfin, le potentiel candidat aurait pour ambition de battre le pavé à peu de frais, sans recours à de très grands meetings.

"En additionnant les dons, le livre, les prêts, on arrive à un montant qui rend un début de campagne possible, d'autant plus que Zemmour a toujours dit qu'il ferait quelque chose de modeste. Il pense que cela va beaucoup se jouer en ligne, à la télévision, dans les débats qui lui coûtent peu cher", explique Amandine Atalaya, éditorialiste politique pour BFMTV. 

"C'est vrai qu'il va placer ce débat sur le terrain des idées plus que sur celui des artifices. C'est ça qui compte pour beaucoup de Français aujourd'hui", confirme Denis Cieslik, membre des amis d'Éric Zemmour.

Les derniers sondages le placent entre 15 et 18% des intentions de vote. 

Article original publié sur BFMTV.com

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