Éric Ciotti se dit prêt à voter une réforme des retraites « juste »

Éric Ciotti, président du parti Les Républicains, pense que les revendications de LR pour voter la réforme des retraites ont été entendues et se dit prêt à soutenir le texte. (Photo : Éric Ciotti devant l’Assemblée nationale le 20 juin 2022)
THOMAS COEX / AFP Éric Ciotti, président du parti Les Républicains, pense que les revendications de LR pour voter la réforme des retraites ont été entendues et se dit prêt à soutenir le texte. (Photo : Éric Ciotti devant l’Assemblée nationale le 20 juin 2022)

POLITIQUE - Élisabeth Borne peut presque souffler. Le patron des Républicains Éric Ciotti se dit prêt à « voter une réforme juste » des retraites et pense avoir été entendu par le gouvernement qui doit présenter mardi son projet, indique-t-il dans ce 8 janvier le Journal du Dimanche.

« La situation budgétaire, démographique et économique impose cette réforme » et « je souhaite donc pouvoir voter une réforme juste qui sauve notre système de retraite par répartition », déclare dans cet entretien le député, dont le groupe à l’Assemblée nationale détient la clé d’une adoption sans l’arme constitutionnelle du 49.3.

« Politiquement, la droite de gouvernement a toujours soutenu la nécessité d’une réforme des retraites qui conduit à travailler un peu plus », et la voter relève « d’une question de cohérence et de responsabilité », appuie l’élu des Alpes-Maritimes.

Mais, ajoute-t-il, « pour rattraper (le) temps perdu », Emmanuel Macron « propose en pleine crise économique et sociale une réforme qui apparaît, aux yeux des Français, comme beaucoup trop sévère ». Ainsi Éric Ciotti a demandé à la Première ministre « d’atténuer la brutalité de la réforme ».

Les conditions (entendues ?) de Ciotti à Borne

Elle doit selon lui « s’étaler sur deux quinquennats », avec un relèvement de l’âge légal de départ à 63 ans en 2027 puis 64 ans en 2032. C’est ce que pourrait annoncer mardi la cheffe du gouvernement, après avoir envisagé 65 ans. Le minimum retraite à 1 200 euros programmé par l’exécutif devra s’appliquer aux nouveaux entrants et aussi « de façon rétroactive aux retraités actuels qui bénéficient des pensions les plus modestes », ce qui « sera une des conditions de notre vote », prévient le dirigeant du parti de droite.

A-t-il été entendu par Élisabeth Borne, rencontrée jeudi ? « Spontanément, je répondrai oui », répond Éric Ciotti, qui attend cependant ses annonces mardi « avec vigilance ».

Les membres du gouvernement ont multiplié les mains tendues aux Républicains. Ce dimanche encore, le ministre du Budget Gabriel Attal a dit « compter sur la cohérence de chacun et notamment des LR ». « Je dis aux LR : on ne peut pas remettre à demain ce qu’on voulait hier. Ne devenez pas des lobbyistes du surplace. Accompagnez une réforme que vous avez appelée de vos vœux, parce que, comme nous, vous la savez nécessaire », plaide-t-il dans l’hebdomadaire politique.

LR d’une seule voix derrière Ciotti ?

Président tout juste élu du parti, Éric Ciotti parviendra-t-il à imposer une consigne de vote au Parlement ? « Je m’efforce de faire en sorte, notamment avec Olivier Marleix, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié, que la position de notre famille politique soit, bien entendu, unique et responsable. Je n’ai aucun doute sur le fait que ce sera le cas », ajoute-t-il au sujet des sensibilités différentes entre députés et sénateurs LR.

Selon un décompte de l’AFP, la Palme de l’indiscipline sur les votes à l’Assemblée revient au groupe des 62 députés, unanimes lors de 65 % des scrutins seulement. Sur le plan individuel, sur les 50 députés les plus indisciplinés par rapport aux votes de leur groupe, 31 appartiennent aux Républicains, au premier rang desquels le député de l’Ain Xavier Breton (25 % de votes à contre-courant). Figurent également dans ce palmarès Éric Ciotti (8,9 %) mais aussi Aurélien Pradié (9,4 %) qui en décembre dernier redisait son opposition à « une réforme qui allongerait l’âge de départ à la retraite ». Lui souhaite travailler sur la durée de cotisation. Nul doute que son vote, comme celui des autres membres du groupe de droite, sera scruté lors de l’examen du texte au Parlement.

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