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Un éleveur américain risque une lourde peine de prison pour avoir créé génétiquement des mouflons géants

Son but était de créer des animaux plus gros et donc plus rémunérateurs afin de les vendre à des réserves de chasse prêtent à débourser de l’argent pour tirer sur du gibier.

ÉTATS-UNIS - Arthur Schubarth aura tout tenté (ou presque) pour tenter de créer un « Montana Mountain King ». Étrange histoire que celle de cet éleveur américain de 80 ans qui avait tenté de créer une espèce hybride de mouflons géants en important du matériel génétique d’Asie centrale. Lors de son procès mardi 12 mars, il a d’ailleurs plaidé coupable de violation des lois sur la protection de la faune.

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Sur une période allant au moins de 2013 à 2021, ce propriétaire d’un ranch dans l’État du Montana destiné à l’élevage de gibier pour des réserves de chasse, a illégalement importé du Kirghizstan du matériel ADN prélevé à des fins de clonage et d’insémination illicites sur un mouflon argali, connu pour être le plus grand mouton de montagne du monde. Sauf qu’il y a un premier hic, puisque le mouflon argali du Pamir est internationalement protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d’extinction (Cites) et interdit dans l’État du Montana afin de préserver la population ovine locale.

Pas suffisant pour empêcher l’éleveur de se servir de ce prélèvement ADN pour faire cloner par un laboratoire génétique des embryons, qu’il a ensuite implantés à des brebis de son troupeau, aboutissant à la naissance le 15 mai 2017 d’un mouflon argali mâle, qu’il a baptisé « Montana Mountain King », alias MMK.

Toujours plus gros

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais la folie des grandeurs d’Arthur Schubarth l’a conduit a utilisé la semence de MMK pour inséminer des brebis d’autres espèces de moutons afin de réaliser des croisements.

Avec l’aide d’au moins cinq complices non identifiés, le but était donc de créer des animaux plus gros et donc plus rémunérateurs afin de les vendre à des réserves de chasse, en particulier au Texas, où les clients payent cher pour tirer sur du gibier captif.

« Il s’agissait d’une machination éhontée visant à créer une espèce hybride de moutons géants pour être vendus et servir de trophées de chasse », a réagi Todd Kim, un responsable du ministère de la Justice chargé de la protection de l’environnement et des ressources naturelles.

Selon lui, l’accusé a « violé à la fois les lois internationales et la loi Lacey, qui préservent la viabilité et la santé des populations animales à l’état naturel », a-t-il indiqué. La loi qu’il mentionne interdit tout commerce de produits de la nature obtenus illégalement ou faisant l’objet de déclarations frauduleuses.

Devant la justice pour cette affaire peu banale, Arthur Schubarth a donc plaidé coupable de deux chefs d’accusation (passibles chacun d’une peine maximale de cinq ans de prison et d’une amende de 250 000 dollars). Il devra toutefois attendre jusqu’au 11 juillet pour connaître sa peine.

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