Élevage, courses hippiques, prix: la passion de la reine Elizabeth II pour les chevaux

La reine Elizabeth II monte Balmoral Fern, un poney Fell âgé de 14 ans, à Windsor Home Park, en mai 2020 - Steve Parsons/AFP
La reine Elizabeth II monte Balmoral Fern, un poney Fell âgé de 14 ans, à Windsor Home Park, en mai 2020 - Steve Parsons/AFP

Elizabeth II avait deux passions: les corgis et surtout les chevaux. Cavalière, amatrice de courses hippiques, parieuse, éleveuse... Toute sa vie, la reine - morte jeudi dans son château de Balmoral - s'est passionnée pour le monde équestre. Jusqu'à remporter des prix hippiques exceptionnels et continuer de monter à cheval à plus de 94 ans.

• La passion d'une vie

À 3 ans et demi, Elizabeth commence à apprendre à monter à cheval dans les écuries royales du palais de Buckingham. Elle n'a que 4 ans quand son grand-père, le roi George V, lui offre son premier poney: Peggy, un shetland. C'est le début de la passion de sa vie. À 6 ans, elle commence à le monter seule et à 12 ans, elle sait monter en amazone.

Jusqu'en 2020, la reine continuait de monter à cheval. Elle l'a d'ailleurs fait toute sa vie, que ce soit dans un cadre privé ou lors de cérémonies officielles. Comme pour Trooping the Colour, un rassemblement militaire qui célèbre le couronnement d'Elizabeth II comme reine du Commonwealrth. Elle y montait habituellement en amazone et a même une fois échappé à une tentative de fusillade, en 1981. Mais la souveraine avait alors facilement maîtrisé sa monture et avait achevé la parade, imperturbable.

C'est "la passion de sa vie", déclarait en juin dernier Camilla dans une interview à ITV Racing. "Elle peut vous parler de tous les chevaux qu'elle a élevés et possédés, depuis le tout début, elle n'oublie rien", ajoutait l'épouse de Charles III, devenue reine consort. Cette dernière assurait que les connaissances de la reine en la matière étaient "encyclopédiques", qu'elle était "la plus grande experte de tous les temps" et qu'elle avait "toutes les réponses".

Un Lifetime Achievement Award a d'ailleurs été remis en 2014 à la souveraine par la Fédération équestre internationale pour récompenser son implication, tout au long de sa vie, en faveur des chevaux et de l'équitation.

• Une écurie royale

À la mort de son père, Elizabeth hérite "d'une trentaine de chevaux de course", écrit Marc Roche dans Elizabeth II, une vie, un règne. Passionnée de courses hippiques, elle est une lectrice assidue du quotidien hippique The Sporting Life. Elle choisit elle-même les couleurs de son écurie: casaque écarlate, manches bouffantes pourpres et toque noire.

Quand son cheval remporte une course, elle laisse parfois éclater sa joie, rares moments où elle semble perdre son sang-froid. En 1954, son pur-sang Aureole remporte le prix du roi Georges VI à l'hippodrome d'Ascot, l'un des principaux hippodromes du Royaume-Uni. "Terriblement excitant. N'était-ce pas une performance fantastique?" se réjouit Elizabeth II. Sa joie est telle qu'elle fait livrer une caisse de champagne aux journalistes réunis dans la salle de presse.

Son écurie lui rapportera d'ailleurs de nombreuses victoires - 1600 au total - dont le prestigieux Prix de Diane en 1974 avec sa pouliche Highclere. Et ses paris aux courses lui feront également gagner beaucoup d'argent: en trente ans, la reine a touché près de 8 millions d'euros en pariant sur des courses de chevaux.

Elizabeth II possédait également des chevaux de steeple-chase, des étalons et des poneys élevés à Balmoral, sa résidence écossaise. "Si je n'avais pas été qui je suis, j'aurais voulu être une dame vivant à la campagne, entourée de chevaux et de chiens", rapporte encore Marc Roche à son sujet.

• Des voyages privés pour visiter des haras

À deux reprises, en 1967 et en 1987, la reine Elizabeth II effectue des voyages à titre privé en Normandie pour assouvir sa passion des chevaux. La première fois, se souvient Ouest-France, elle s'était accordé trois jours pour visiter le haras national du Pin, dans l'Orne, le plus ancien des haras nationaux français.

"La reine a le coup d'œil inquisiteur, l'appréciation nette", écrit alors le journal de l'époque. "Elle sourit à la présentation du vétéran Furio, né en Angleterre voilà vingt-huit ans, puis demande à revoir Franc-Luron, pur-sang anglais qui piaffe." Le journal raconte encore que la reine souhaitait "se soustraire au protocole et se laisser aller, sans ambages, à son goût, à sa ferveur pour les exemplaires réussis de l'élevage bas-normand". Lors de son second séjour, dans l'Orne ainsi que le Calvados, elle visite trois autres haras.

• Des chevaux en cadeaux

Tout au long de sa vie, la reine a reçu des chevaux en cadeaux. Lors de son mariage, l'Aga Khan lui offre notamment son premier pur-sang. C'est le début d'un grand amour pour cette race. À l'occasion de son jubilé de platine, au mois de juin dernier, Emmanuel Macron lui offre l'un des 470 chevaux du régiment de cavalerie de la Garde républicaine française. Fabuleu de Maucour, un Selle français gris - la robe de cheval préférée de la reine - âgé de 7 ans.

• Une famille de cavalières

Elizabeth II a transmis sa passion à sa fille Anne, championne d'Europe de Concours complet en 1971, et à sa petite-fille, Zara Phillips, championne du monde de concours complet en individuel lors des Jeux équestres mondiaux d'Aix-la-Chapelle en 2006, et vice-championne olympique par équipe à Londres en 2012, rappelle Equidia. Une autre petite-fille de la reine, Lady Louise Windsor, s'est quant à elle prise de passion pour l'attelage. En atteste ces photos diffusées par Paris Match lors du Windsor Horse Show.

Au printemps dernier, pour célébrer ses 96 ans, la famille royale avait diffusé une photo de la reine entourée de deux de ses poneys, Bybeck Katie et Bybeck Nightingale, dans les jardins du château de Windsor, radieuse.

Article original publié sur BFMTV.com