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Élections européennes : Mariani violemment attaqué sur ses positions pro russe lors du premier débat

Mariani, « petit télégraphiste du Kremlin », violemment attaqué au débat pour les européennes
Mariani, « petit télégraphiste du Kremlin », violemment attaqué au débat pour les européennes

POLITIQUE - « On n’est pas déçus. » Les présentateurs de Public Sénat s’attendaient, eux aussi, à cette offensive : Thierry Mariani, le député européen RN chargé de représenter Jordan Bardella lors du premier débat, organisé ce jeudi 14 mars, en vue des élections européennes a été durement attaqué par plusieurs candidats sur ses positions en matière de politique internationale.

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Après Marie Toussaint, la cheffe de file des écologistes qui l’a accusé d’avoir « aidé Poutine sur le terrain à surveiller des élections fantoches », Raphaël Glucksmann s’est lancé dans une longue diatribe, expliquant avoir hésité à participer à un débat face au « petit télégraphiste du Kremlin », comme vous pouvez le voir ci-dessous.

« Vous êtes sur la liste noire du Parlement européen parce que vous êtes parti en Crimée (en 2016) pour reconnaître l’annexion » par la Russie, a notamment tonné la tête de liste socialiste, en reprochant tour à tour les votes de Thierry Mariani « contre les condamnations des milices Wagner (...) contre l’ensemble des règles que nous passons pour nous défendre dans la guerre hybride de Poutine ».

« Patriote de pacotille »

« Oui, nous sommes dans une situation de confrontation avec le régime russe. Et oui, vous et vos alliés vous êtes une cinquième colonne dans nos démocraties », a encore martelé l’eurodéputé chef de file de la liste PS - Place Publique, en qualifiant le représentant du parti lepéniste de « patriote de pacotille » qui « défend une tyrannie étrangère dont les principes et les intérêts sont fondamentalement hostiles à ceux de la France et à ceux de l’Europe. »

En face, Thierry Mariani est apparu désarmé, laissant Raphaël Glusckmann enchaîner les piques sans riposter. Tout juste le député européen d’extrême droite s’est-il borné à expliquer qu’il était là pour défendre la position de « désescalade » adoptée par sa formation, sans s’épancher sur ses propres engagements passés.

Il faut dire que le Rassemblement national pouvait difficilement choisir un profil plus controversé pour le représenter ce jeudi, qui plus est à l’heure où la guerre en Ukraine est à nouveau au centre du débat politique. Soutien de l’annexion illégale de la Crimée (au point de s’afficher sur place avec les soldats russes en 2016), adepte de la diplomatie parallèle offrant à la communication du Kremlin des élus ceints de leur écharpe tricolore pour décorer les photos de propagande, l’ancien ministre sous Nicolas Sarkozy, a un long palmarès en matière de russophilie.

À l’été 2016, il avait par exemple rendu visite à Sergueï Narychkine, alors président du Parlement russe (et aujourd’hui président des Service des renseignements extérieurs de la fédération de Russie), pour lui dire tout le mal qu’il pensait des sanctions infligées à la Russie.

Mariani attaqué aussi sur l’Arménie

Au-delà de ces nombreux voyages Thierry Mariani a longtemps relayé la propagande poutinienne via l’association « Dialogue franco-russe », dont il est coprésident. Une structure qui a attiré l’attention de la justice, qui a ouvert deux enquêtes préliminaires confiées à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Ce n’est pas tout. L’eurodéputé a également été attaqué ce mardi sur ses anciennes prises de position et ses escapades du côté de la Syrie de Bachar al-Assad. « Le premier souvenir que j’ai au parlement européen c’est de vous entendre à la tribune appeler Vladimir Poutine à ’exterminer les rebelles syriens’ », a fustigé Raphaël Glucksmann, l’accusant d’être un « habitué de Bachar al-Assad. » « Vous avez été même pas un idiot utile du Kremlin, mais un agent du Kremlin quand vous avez soutenu Bachar al-Assad », a embrayé Marie Toussaint.

Réponse de l’intéressé : « Vous préfériez Daech ? En Syrie il n’y a pas de troisième choix, il n’y en avait que deux. C’était ou soutenir le régime en place ou accepter les islamistes. Quand vous êtes à Alep, il faut choisir… »

Dans ce contexte, François-Xavier Bellamy a joint sa voix au concert de critique, en évoquant pour sa part le refus de l’eurodéputé RN de soutenir l’Arménie face à l’Azerbaïdjan. « Vous soutenez encore monsieur Aliyev qui aujourd’hui encore veut faire disparaître ce peuple attaqué parce qu’il est chrétien », a-t-il lancé. Et de conclure : « Vous avez trahi les valeurs patriotiques, je suis content de vous le dire. »

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