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Élections européennes : Bardella, Glucksmann, Hayer, Aubry… Ce qu’ils ont voté sur la Russie ces 5 dernières années

Ce que les candidats aux européennes ont voté sur la Russie ces 5 dernières années (ici Bardella à Strasbourg en janvier 2024)
FREDERICK FLORIN / AFP Ce que les candidats aux européennes ont voté sur la Russie ces 5 dernières années (ici Bardella à Strasbourg en janvier 2024)

POLITIQUE - Les lignes de démarcation. La guerre en Ukraine continue d’alimenter les débats français à moins de trois mois des élections européennes. Emmanuel Macron a mis un pied dans l’arène, jeudi, en insistant sur la nécessité de soutenir Kiev face au Kremlin, lors d’un entretien aux 20 heures de TF1 et France 2 quasi intégralement consacré à la question. Et ce lundi, la classe politique s’accorde - à l’exception d’un RN bien silencieux - pour dénoncer la mascarade que représente la réélection de Vladimir Poutine en Russie.

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De fait, le conflit entre Russes et Ukrainiens - et le rôle que peut jouer la France à sa marge - s’impose depuis plusieurs semaines comme le sujet numéro un de la campagne des élections européennes.

L’occasion pour Le HuffPost de revenir sur le bilan et les prises de position des différents candidats à ce scrutin, dont la plupart sont élus au Parlement européen depuis déjà 5 ans. Le tout à travers 14 votes concernant le soutien à l’Ukraine ou la condamnation du régime du Kremlin, qui ont eu lieu du 9 mars 2022 au 29 février 2024.

Bardella (très) rétif à soutenir l’Ukraine

Parmi les principaux enseignements sur les 14 scrutins épluchés, il est clair que le Rassemblement national - mené par Jordan Bardella - est le moins enclin à soutenir l’Ukraine ou à condamner la Russie parmi les grandes formations politiques françaises représentées à Bruxelles et Strasbourg. Même quand il s’agit de mesures symboliques ou de déclarations d’intentions.

Le président du parti d’extrême droite a voté « pour », une seule fois : c’était une résolution le 29 février dernier, après la mort d’Alexeï Navalny, pour acter « la nécessité d’une action de l’Union pour soutenir les prisonniers politiques et la société civile opprimée en Russie. » Le même jour, il s’abstenait sur la « nécessité d’un soutien sans faille de l’Union à l’Ukraine. »

En réalité, Jordan Bardella choisit le plus souvent de ne pas choisir. Il s’est ainsi abstenu sur un texte appelant l’avènement d’un « instrument de soutien financier à l’Ukraine » en novembre 2022. Un mois auparavant, il était absent pour condamner l’escalade du Kremlin dans sa guerre d’agression, comme en février 2023 pour condamner les conditions d’incarcérations des prisonniers politiques russes. À noter qu’en l’absence du chef de file du parti d’extrême droite, les autres eurodéputés RN s’abstiennent.

Enfin, Jordan Bardella - dont le parti est accusé de complaisance à l’égard de Vladimir Poutine - s’oppose régulièrement aux textes qui ciblent la Russie ou plaident pour l’Ukraine. Ce fut le cas à au printemps puis à l’automne 2022, quand il votait contre une résolution visant à reconnaître la Russie comme un État soutenant le terrorisme et contre une résolution prônant la libéralisation temporaire des échanges entre l’UE et l’Ukraine. De quoi nourrir les critiques de ceux, dans la majorité notamment, qui ciblent le parti lepéniste depuis plusieurs semaines.

4 candidats sur la même ligne

À l’inverse du Rassemblement national, plusieurs candidats apportent un soutien constant aux résolutions et autres textes qui consacrent l’appui de l’Union européenne à Kiev ou qui condamnent les agissements de la Russie de Vladimir Poutine. Ceci, malgré les désaccords qui les séparent sur les enjeux nationaux.

Le quatuor, car s’en est un, est composé de la tête de liste du camp présidentiel Valérie Hayer - par ailleurs présidente du groupe des libéraux européens -, du fondateur du petit parti Place Publique et meneur des socialistes pour ce scrutin Raphaël Glusckmann, et des candidats des Républicains et des écologistes, François-Xavier Bellamy et Marie Toussaint. Tous les quatre (sauf rares absences) ont voté en faveur des 14 textes concernés et cités pour certains plus haut.

À noter toutefois que tous les eurodéputés LR ne suivent pas forcément leur chef comme un seul homme. Ainsi, Nadine Morano s’est opposée à une résolution globale en février 2023, portant sur « un an d’invasion et de guerre d’agression lancées par la Russie contre l’Ukraine », tandis que Brice Hortefeux s’abstenait. Une sorte d’éparpillement qui n’existe pas chez les écolos, au sein du camp présidentiel, ni chez les socialistes.

À la marge de ce bloc de candidats aux votes similaires, la cheffe de file des insoumis (et de la gauche radicale au Parlement européen) Manon Aubry est elle aussi relativement constante dans son soutien à Kiev. Elle a effectivement joint sa voix à la bande des quatre sur 11 des 14 textes marquants. Elle a ainsi voté pour le renforcement des sanctions à l’égard de la Russie en avril 2022, au début de la guerre, en faveur de la création d’un instrument financier pour soutenir les Ukrainiens, ou pour condamner les conditions d’incarcération des prisonniers politiques du Kremlin.

Il n’empêche. Certaines prises de position tranchent avec le reste. Ainsi, la cheffe de file des insoumis s’est abstenue concernant la résolution qui visait, à l’automne 2022, à faire reconnaître la Fédération de Russie comme État soutenant le terrorisme. Plus récemment, en février 2024, elle s’est également abstenue sur la résolution évoquant la « nécessité d’un soutien sans faille de l’Union à l’Ukraine. » Quand les lignes sont mouvantes.

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