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Un éléphant piégé dans une toile d’araignée

L’ADN laissé par les animaux dans l’environnement se retrouve en suspension dans l’air, explique Josh Newton à l’hebdomadaire New Scientist. Sous la forme d’ADN flottant, dans des cellules de poil et de peau, par exemple, ou attaché à autre chose, comme des particules de poussière.” Et il peut finir entortillé dans une toile d’araignée, d’après le travail du biologiste et de ses collègues de l’université Curtin, à Perth, en Australie. C’est ainsi que des animaux vertébrés, dont l’éléphant, peuvent s’y retrouver piégés.

Pour arriver à cette découverte, les chercheurs ont collecté 49 toiles d’araignées au zoo de Perth et dans la réserve naturelle boisée de Karakamia, à une cinquantaine de kilomètres. L’analyse des quelque 2,5 millions de séquences d’ADN retrouvées dans les toiles a donné lieu à un article publié dans la revue spécialisée Cell.

Bien sûr, il y avait de l’ADN humain, qui représentait un peu plus d’un million de séquences et qui a été exclu de l’analyse. Mais pas seulement. Les toiles d’araignée des bois contenaient le matériel génétique de 32 espèces de mammifères et d’oiseaux, parmi lesquelles on dénombrait “des espèces endémiques comme le kangourou gris et les grenouilles moto [motorbike frogs], mais aussi trois espèces invasives, le renard roux, la souris grise et le rat noir”, détaille New Scientist.

Les toiles d’araignées du zoo avaient piégé une plus grande variété d’ADN, “reflétant largement la diversité des espèces exotiques hébergées dans le zoo”, écrivent les scientifiques dans Cell. Plus l’animal est gros – girafe, éléphant –, plus la quantité d’ADN piégée est importante.

Autre relation logique : plus l’enclos de l’animal est proche de la toile, plus la probabilité de retrouver son ADN est élevée. “Les chercheurs ont trouvé de l’ADN d’animaux dont les cages étaient situées jusqu’à 200 mètres de la toile d’araignée”, indique le magazine britannique.

Utiliser les toiles d’araignée comme des filets à ADN permet d’ouvrir la voie à des recherches dans des environnements difficiles d’accès”, explique ABC News. Le site australien rapporte les propos de Morten Allentoft, qui a supervisé ces travaux de recherche : “Les scientifiques s’appuient en général sur des observations directes pour étudier les animaux, mais cette étude élargit les possibilités pour étudier la biodiversité en utilisant l’ADN environnemental.”

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