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École Stanislas de Paris : le directeur se défend après la sortie d’un rapport « caché » dévoilé par « Mediapart »

La cour de récréation de l’établissement scolaire privé Stanislas, dans le 6e arrondissement de Paris. Ce dernier est décrit comme sexiste, homophobe et autoritaire par les enquêtes journalistiques.
Collège Stanislas de Paris / Capture d’écran La cour de récréation de l’établissement scolaire privé Stanislas, dans le 6e arrondissement de Paris. Ce dernier est décrit comme sexiste, homophobe et autoritaire par les enquêtes journalistiques.

ÉDUCATION - Il défend ardemment son établissement. Le directeur de l’école privée Stanislas, Frédéric Gauthier, a contesté ce mercredi 17 janvier la sortie d’un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale, révélé la veille par Mediapart, qui pointe des « dérives » et des pratiques non conformes avec la loi.

L’école Stanislas épinglée par un « rapport caché » dévoilé par Mediapart

« Nous nous étonnons de cette publication car l’Inspection générale nous a fait savoir que le rapport ne caractérisant pas de faute susceptible de poursuites disciplinaires, il n’avait pas à être communiqué en l’état », argue le chef de l’établissement parisien, dans lequel sont scolarisés les enfants de la nouvelle ministre de l’Éducation Amélie Oudéa-Castéra.

Dans le communiqué ci-dessous, partagé par Mediapart, Frédéric Gauthier ajoute que ce rapport « n’a pas fait l’objet d’une rencontre contradictoire permettant de recueillir nos observations ».

« Les inspecteurs généraux ne confirment pas les faits d’homophobie »

Selon Mediapart, le rapport de 30 pages met notamment en exergue des cas de « dérives » avec des intervenants qui tiennent des propos homophobes, anti-avortement ou font la promotion des thérapies de conversion, ces catéchistes exprimant « des convictions personnelles qui outrepassent les positions de l’Église catholique, par exemple sur l’IVG ».

Le rapport évoque également « des choix et des comportements qui entretiennent les stéréotypes de sexe », avec notamment « une attention particulière à la tenue des jeunes filles empreinte de sexisme ». D’après le site d’investigation, il est aussi recommandé aux victimes de « pardonner aux violeurs ».

Des accusations que réfute totalement Frédéric Gauthier dans ce communiqué : « Les inspecteurs généraux ne confirment pas les faits d’homophobie, de sexisme et d’autoritarisme mis en avant par les articles de presse ».

Tout en affirmant que Stanislas prend acte des « 14 préconisations du rapport », le chef d’établissement conclut que la communauté pédagogique de Stanislas se réserve « le droit de réagir devant la justice face à des accusations mensongères et diffamatoires ».

Oudéa-Castéra annonce un « plan d’action »

Mediapart a publié mardi ce rapport alors qu’Amélie Oudéa-Castéra est dans la tourmente depuis vendredi après avoir justifié son choix d’inscrire ses trois fils à l’école Stanislas en raison des « paquets d’heures pas sérieusement remplacées » dans le public.

La ministre de l’Éducation nationale a annoncé ce mercredi qu’un « plan d’action » sera appliqué avec « rigueur » après la publication de ce rapport. Il « a été commandé en février 2023, et bouclé début août 2023. Et aussitôt Gabriel Attal (alors ministre de l’Éducation) a demandé au rectorat et à l’inspection générale de suivre un plan d’action qui fait presque 15 mesures », a précisé Amélie Oudéa-Castéra sur France 2. « Ce plan d’action sera suivi avec toute la rigueur nécessaire », a-t-elle encore insisté.

« Je précise que ce rapport ne remonte aucun fait d’homophobie, ni aucun cas de harcèlement. Le seul cas d’homophobie a fait l’objet d’un signalement au procureur via la procédure de l’article 40 », a-t-elle conclu.

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