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École Stanislas : Pécresse maintient son financement malgré les « manquements »

Valérie Pécresse, la présidente de la région île de France, annonce le maintient du financement du lycée privé Stanislas. Une photo d’illustration prise lors d’un débat organisé par l’hebdomadaire français Valeurs Actuelles à Paris, le 22 mars 2022.
ALAIN JOCARD / AFP Valérie Pécresse, la présidente de la région île de France, annonce le maintient du financement du lycée privé Stanislas. Une photo d’illustration prise lors d’un débat organisé par l’hebdomadaire français Valeurs Actuelles à Paris, le 22 mars 2022.

ÉDUCATION - Des milliers d’euros étaient en jeu. La région Île-de-France a annoncé ce vendredi 19 janvier maintenir ses subventions versées au collège Stanislas. L’établissement catholique privé est au cœur d’une vaste polémique, alors qu’un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale a pointé ses dérives homophobes et sexistes et des pratiques non conformes avec la loi.

L’école Stanislas épinglée par un « rapport caché » dévoilé par Mediapart

Le cabinet de Valérie Pécresse indique à Mediapart que « la Région attend les conclusions du rapport d’inspection de l’éducation nationale qu’elle a demandées au printemps et en juillet ». Elle ajoute enfin : « s’il y a eu des infractions à la loi, nous demandons que la justice soit saisie ».

La région Île-de-France, qui dit avoir pris connaissance du contenu du rapport « dans la presse » reconnaît néanmoins qu’il pointe « manifestement des manquements au lycée Stanislas ». Elle précise par ailleurs avoir « demandé au ministère des informations dès 2022 », au moment où Mediapart publiait sa première enquête au sujet de l’établissement parisien.

Cependant « à partir du moment où l’État maintient le contrat d’association » du collège Stanislas, « le financement est maintenu », résume l’entourage de la présidente de région (LR) Valérie Pécresse. Une déclaration qui intervient, alors que le 31 janvier prochain une commission permanente doit justement se pencher sur une première enveloppe de 917 000 euros.

Il s’agit de la plus importante subvention de la région pour une école privée. Ce montant correspond à 70 % du forfait externat annuel, une subvention obligatoire, calculée en fonction du nombre d’élèves et versée par la région qui a la main sur le second degré. Le solde (30 %) sera versé en juillet.

Valérie Pécresse adopte une position inverse à la Ville de Paris

Le rapport de l’Éducation nationale, publié ce mardi par Mediapart, relève notamment « des dérives dans l’application du contrat d’association » de l’établissement avec l’État, comme l’obligation de suivre des cours de catéchisme, ce qui est contraire à la loi. « Dérives » également dans la teneur de ces cours, selon le rapport, qui souligne que « certains catéchistes expriment des convictions personnelles qui outrepassent les positions de l’Église catholique, par exemple sur l’IVG » ou « susceptibles d’être qualifiées pénalement sur l’homosexualité ».

La direction de Stanislas et le diocèse de Paris jugent eux que le rapport en question ne valide pas les graves reproches relayés dans plusieurs récentes enquêtes journalistiques. Le directeur de l’école, Frédéric Gauthier, a par ailleurs regretté que cette enquête de l’Éducation Nationale « n’ait pas fait l’objet d’une rencontre contradictoire permettant de recueillir nos observations ».

Valérie Pécresse demande « que les préconisations de ce rapport soient intégralement mises en œuvre, sans délai » fait encore savoir son entourage.

Pour autant les conclusions graves de ce rapport sont venues ajouter un poids supplémentaire à la polémique provoquée par la scolarisation au sein de l’établissement, des enfants d’Amélie Oudéa Castera, fraîchement nommée ministre de l’Éducation. En réaction, la Ville de Paris, autre financeur public de Stanislas, a annoncé mercredi soir qu’elle allait suspendre provisoirement son financement en attendant des « clarifications » de la part de l’État.

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