À Venise, des gondoles amputées par le changement climatique

PHOTO RICCARDO FABI/NUR PHOTO VIA AFP

Vêtu d’une marinière, couvert d’un chapeau, et “armé” d’une longue rame, le gondolier est l’incarnation même des traditions vénitiennes. Mais ce métier centenaire, pratiqué par quelque 600 habitants de la cité des Doges, doit aujourd’hui faire face à une nouvelle difficulté, conséquence indirecte du changement climatique, explique Il Venerdì.

“Venise est de plus en plus fréquemment frappée par le phénomène des marées hautes, qui sont principalement causées par l’augmentation du niveau des mers, explique à ce sujet l’hebdomadaire. Dans ces conditions, certains jours, il devient difficile de passer sous les ponts.”

Et si le gondolier, qui rame debout, peut toujours se baisser pour éviter de se cogner la tête, il risque néanmoins de se retrouver bloqué lorsque son embarcation est elle-même trop haute pour passer. À moins d’utiliser un stratagème.

“Désormais, beaucoup de gondoliers remédient à ce problème en coupant la queue de la gondole [appelé riccio, ‘hérisson’, dans le jargon local], une décoration qui est depuis toujours le symbole de l’embarcation la plus célèbre du monde”, regrette le média romain, selon lequel cette pratique est de plus en plus répandue. Preuve en est :

“Au bassin Orseolo, célèbre ‘parking’ de ces embarcations situé derrière la place Saint-Marc, les gondoles mutilées sont désormais majoritaires.”

La solution du “riccio” amovible ?

Voilà qui ne plaît guère à bon nombre de gondoliers historiques, à l’image de Rudi Vignotto, vainqueur de plusieurs régates selon qui, “dans le grand canal, le riccio est obligatoire, et il faut respecter le règlement”. Toujours dans les colonnes d’Il Venerdì, Andrea Balbi, président de l’Association des gondoles de Venise, assure, lui, qu’il “fera preuve d’une vigilance accrue sur le sujet”.

Pourtant, à en croire le média transalpin, un homme a par le passé trouvé une solution pour contourner ce problème.

“Gianfranco Vianelleo, gondolier et fabricant de gondoles, avait conçu un riccio amovible, qui pouvait rester à sa place quand la marée était à un niveau normal, et être enlevé quand elle était à un niveau élevé.” Un mécanisme qui, pour des raisons que l’article n’explique pas, a été progressivement délaissé, laissant les gondoles amputées, cette fois, de façon pérenne de leur célèbre queue.

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