À Makiïvka, l’armée ukrainienne met l’état-major russe sous pression

Photo Clodagh Kilcoyne/REUTERS

L’une des attaques les plus meurtrières contre l’armée russe depuis le début de la guerre en Ukraine a été revendiquée, ce lundi 2 janvier, par Kiev. Les bombardements, survenus dans la nuit du Nouvel An, auraient notamment touché une école hébergeant des militaires russes dans la ville occupée de Makiïvka, dans l’oblast de Donetsk.

Depuis l’annonce ukrainienne, le nombre de victimes n’a pas été confirmé, rapporte Pjotr Sauer, journaliste spécialiste de la Russie pour le Guardian. Mais, “fait exceptionnel”, le ministère russe de la Défense a annoncé que 63 soldats étaient décédés à la suite de quatre frappes de missiles Himars fournis aux Ukrainiens par les Américains.

Plusieurs blogueurs russes pro-Kremlin, comme l’ultranationaliste Igor Strelkov, ont quant à eux assuré que le nombre de victimes était plus élevé que les chiffres officiels, évoquant “plusieurs centaines de morts et blessés”.

Les victimes étaient principalement des conscrits fraîchement mobilisés, selon une source proche des autorités prorusses de la région citée par l’agence Reuters. Le bâtiment où ils se trouvaient aurait abrité des réserves d’explosifs.

Critiques prorusses

Côté ukrainien, l’armée estime qu’au moins “dix unités d’équipements militaires ennemis de divers types ont été détruites ou endommagées”. L’état-major a par ailleurs déclaré qu’il pourrait y avoir jusqu’à 400 morts. “Même si ces chiffres sont surestimés, l’attaque contre les infrastructures de Makiïvka pourrait tout de même être l’une des plus sévères de cette guerre contre des conscrits”, précise Pjotr Sauer.

Pour le journaliste, “l’incident devrait mettre les chefs de l’état-major russe sous pression”. Le fait que les victimes soient de jeunes recrues pourrait en effet accentuer le mécontentement d’une partie de population. Sur Telegram, l’attaque a déjà poussé plusieurs blogueurs et personnalités politiques prorusses à critiquer la stratégie militaire du Kremlin.

En ligne de mire : la décision contestée d’utiliser des infrastructures civiles pour accueillir des soldats, au lieu d’utiliser des bunkers. Vladlen Tatarsky, un blogueur proche du pouvoir, a par exemple assuré que l’armée était dirigée par “des idiots sans expérience” qui devraient être jugés pour leur incompétence.

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