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À Agen, des agriculteurs en colère pendent un sanglier éventré et provoquent l’indignation

Les méthodes d’expression de certains agriculteurs en colère ne laissent pas indifférents les défenseurs de la cause animale.

Sur cette image issue d’une vidéo prise devant les locaux de l’inspection du travail à Agen, des agriculteurs pendent un sanglier à un arbre.
Capture d’écran X (ex-Twitter) Sur cette image issue d’une vidéo prise devant les locaux de l’inspection du travail à Agen, des agriculteurs pendent un sanglier à un arbre.

AGRICULTEURS - Une image marquante, choquante même pour certains. Dans le Lot-et-Garonne, où la gronde des agriculteurs est particulièrement exacerbée depuis près d’une semaine, plusieurs manifestants se sont fait remarquer ce jeudi 25 janvier avec une méthode pour le moins radicale.

À Agen, des agriculteurs en colère incendient la façade de la préfecture et l’arrosent de lisier

Devant l’inspection du travail à Agen, ces agriculteurs en colère ont pendu un sanglier mort à un arbre se trouvant juste devant cet établissement, symbole du ras-le-bol administratif de la profession agricole.

La scène, filmée par un journaliste d’Actu.fr, a rarement laissé indifférent depuis sa mise en ligne dans l’après-midi. Ils « ont pendu et éventré un sanglier devant l’inspection du travail à Agen », observe le journaliste Mathieu Vich dans son tweet.

Après cette scène peu banale que l’on doit aux militants du syndicat agricole Coordination rurale (CR), les agriculteurs rassemblés à Agen ont déversé du fumier, de la paille et des pneus devant le bâtiment.

Dans la soirée, la branche Ministère du Travail de la CGT a interpellé la ministre Catherine Vautrin sur X : « Qu’attendez-vous pour réagir ? ». Le syndicat rappelle qu’il avait déjà publié une lettre ouverte adressée à son prédecesseur Olivier Dussopt pour dénoncer les outrages à l’encontre des inspecteurs du travail.

« Qu’a fait ce pauvre sanglier ? »

Vue plus d’un million de fois depuis sa mise en ligne, la vidéo du sanglier a aussi choqué certains internautes, qui mettent en lumière le passif de ce syndicat, qui serait habitué aux actes de maltraitances animales.

Spécialiste des sciences naturelles, Pierre Rigaux dénonce sur X (anciennement Twitter) les précédents actes commis par des membres de Coordination rurale et cite pour cela le cas du président de la CR Hautes-Alpes qui « affirmait publiquement avoir capturé illégalement 4 loups » en 2006.

Un acte de cruauté envers un animal que dénoncent également de nombreux spectateurs de cette vidéo. « Qu’a fait ce pauvre sanglier pour mériter d’être pendu et éventré ? », dénonce sur X le Parti animaliste, qui reconnaît un « combat juste » des agriculteurs mais demande que « de tels actes soient condamnés ».

Parmi les plus vives critiques contre cet acte de cruauté envers un animal, on retrouve notamment le journaliste militant Hugo Clément et le présentateur TV Julien Courbet. Le premier s’est contenté d’une célèbre citation du romancier Milan Kundera sur le rapport de l’homme à l’animal, tandis que Julien Courbet s’est montré plus direct, en questionnant sur l’utilité de cet acte pour la cause globale des agriculteurs.

Même son de cloche ou presque pour la sénatrice et ancienne ministre Laurence Rossignol qui a dénoncé sur son compte X « la violence inacceptable de cette action ». Tout comme la députée écologiste Sandrine Rousseau : « Désolée de casser l’ambiance mais que certains imaginent défendre leur métier en torturant un animal quand précisément ça fait partie des changements à opérer… Je n’ai pas de mots ».

Des méthodes qui questionnent

Le matin même, une vidéo filmée sur l’autoroute, près de Nîmes, avait déjà choqué en montrant des agriculteurs sur leurs tracteurs en train d’abattre des arbres. Le but étant de les déplacer sur la chaussée pour bloquer les axes routiers.

Des méthodes qui choquent et qui font forcément écho aux paroles du ministre de l’Intérieur jeudi soir sur le plateau du JT de TF1. « Est-ce qu’on doit les laisser faire sans envoyer les CRS ? Oui. Je les laisse faire », a affirmé Gérald Darmanin.

Un « deux poids, deux mesures » qui ne laisse pas indifférent à gauche et chez les écologistes, surtout après les émeutes survenues l’été dernier. Sans oublier que le ministre avait assuré dès lundi qu’il n’avait pas l’intention d’intervenir tant qu’il « n’y a pas de dégradation ».

Ce qui a pourtant été le cas jeudi dans plusieurs villes de France, comme à Bordeaux notamment, ce que souligne d’ailleurs Gilles Bouleau face à Gérald Darmanin dans l’extrait ci-dessus. Mercredi, déjà à Agen, les agriculteurs avaient incendié la façade de la préfecture de la ville sous les yeux de CRS qui entouraient le bâtiment administratif.

VIDÉO - Colère des agriculteurs : la grande distribution dans le viseur des manifestants