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À la COP28, des manifestants très encadrés réclament justice climatique et cessez-le-feu à Gaza

COP28 - « Pas de justice climatique sans droits humains ! » Bien qu’interdites dans la ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis, les manifestations se sont multipliées ce samedi 9 décembre dans la « blue zone », l’espace réservé aux participants accrédités pour la COP28 et encadré par les Nations Unies.

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Entre cessez-le-feu à Gaza, justice climatique, sortie des énergies fossiles et libération de militants pro-démocratie, les motifs de revendication étaient nombreux, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article. Cette journée était d’ailleurs considérée comme une grande journée d’action mondiale, au beau milieu de la conférence sur les changements climatiques organisée cette année aux Émirats, un pays où le droit de manifester est globalement très peu respecté

Pastèques palestiniennes

Parmi les causes et combats mis en exergue, impossible de passer à côté de la manifestation pour un cessez-le-feu à Gaza. Et ce même si les règles en vigueur interdisaient aux manifestants de brandir des drapeaux de pays ou de nommer des États ou des entreprises. Il fallait donc se montrer subtil pour transmettre son message. C’est d’ailleurs pour cette raison que des pastèques ont notamment remplacé le drapeau de la Palestine dans ce cortège.

D’ailleurs, les manifestants défendant une justice climatique et ceux venus réclamer un cessez-le-feu ont fait cause commune pour donner de la voix ensemble.

Une logique résumée par Chiara Martinelli, directrice de Réseau Action climat Europe, auprès de Reuters. « Nous marchons parce que, tout d’abord, c’est la Journée des droits de l’Homme (dimanche 10 décembre, ndlr), 75 ans après la Déclaration des droits de l’Homme, et nous luttons contre toutes les injustices et les violations des droits de l’Homme à travers le monde », a-t-elle expliqué avant d’ajouter qu’ils avaient décidé d’inclure le cessez-le-feu à Gaza dans leurs messages, car il ne peut y avoir « de justice climatique sans droits humains ».

Manifestation particulièrement rare

Et dans la fameuse « blue zone », les cortèges se sont succédé tout au long de la journée, réclamant un texte ambitieux pour le climat ou -bien plus rare aux Émirats arabes unis- la libération des militants pro-démocratie emprisonnés dans le pays ainsi qu’en Égypte. Des photos d’Ahmed Mansoor et Mohamed al-Siddiq ont notamment été brandies par les 25 militants recensés par Reuters sur place.

Un geste symbolique car ces noms « n’avaient jamais été prononcés à haute voix aux Émirats arabes unis, et leur libération n’a jamais été publiquement exigée de cette manière », comme l’a rappelé auprès de Ouest France Joey Shea, chercheur en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour Human Rights Watch.

Autre cause largement dénoncée ce samedi : la participation démesurée de lobbyistes des énergies fossiles à la COP28, alors même que l’Opep a appelé la veille 23 de ses membres et associés à boycotter tout accord sur la sortie des énergies fossiles. Une mauvaise foi climatique fustigée par les ONG et certains pays participant aux négociations de la COP28.

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